Confinement : le 11 mai est "encore une date à conquérir", selon Christophe Castaner

14 avril 2020 à 8h18 par Nicolas Mezil

Le Gouvernement est sur le pont ce mardi matin. Date de déconfinement, retour à l’école, masques "grand public"... Objectif : apporter des éclaircissements sur les zones d’ombre dans les annonces d’Emmanuel Macron.

ALOUETTE
Crédit: François Guillot / AFP / Archives

L'horizon du 11 mai pour entamer un déconfinement progressif est une date à "conquérir par le respect du confinement", a déclaré mardi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

"Le 11 mai est une date d'objectif. Ce qu'a annoncé le président de la République hier, ce n'est pas le déconfinement le 11 mai, c'est le confinement jusqu'au 11 mai", a souligné sur France Inter M. Castaner rappelant aux Français la "discipline" qui doit prévaloir dans le respect du confinement.

"Le 11 mai est une date que nous devons encore conquérir par le respect du confinement", a-t-il insisté. "Il est nécessaire de ne pas se projeter en disant le 12 mai, c'est le mois de mai et nous faisons ce qu'il nous plaît et bien non, il faudra continuer à se battre", a poursuivi le ministre.

Retour dans les écoles "par petits groupes"

La réouverture des écoles, annoncée à partir du 11 mai, ne se fera "pas du jour au lendemain", et la priorité pourra être donnée "aux publics les plus fragiles", a déclaré le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer. "Toutes les écoles ne seront pas ouvertes le lundi 11 mai", a dit le ministre. "Ce ne sera pas du tout comme avant, ce sera forcément différent", a-t-il prévenu.

Jean-Michel Blanquer a indiqué rencontrer à partir de ce mardi les organisations syndicales pour parler des conditions sanitaires permettant la reprise et définir à partir du 11 mai "par quelles étapes nous passons".

"Le premier critère, il est d'abord social", a-t-il souligné, laissant entendre que les élèves les plus en difficulté pourraient reprendre en premier. "Il faut sauver les élèves qui pourraient partir à la dérive du fait du confinement", a expliqué le ministre.

La reprise progressive "implique forcément qu'on ne va pas avoir les mêmes âges qui rentrent au même moment", et "il ne pourra pas y avoir de grands groupes" dans les classes.

Les modalités de cette réouverture des établissements scolaires seront précisées et décidées dans les deux semaines à venir.

Des masques en tissu lavables et réutilisables

Une autre interrogation a été soulevée après l’allocution d’Emmanuel Macron : qu’entend-on par masque "grand public" ? Olivier Véran, le ministre de la santé, a précisé qu’il s’agirait de masques en tissu lavables. Ils seront "donc utilisables plusieurs fois", a-t-il expliqué.

Les modalités de leur distribution restent encore indéterminées.

Une croissance à -8%

Qui dit prolongement du confinement, dit coût encore plus élevé pour l’économie. "Nous aurons une prévision de croissance qui sera fixée à -8%", a expliqué le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. Ce chiffre tient compte "des 15 jours de confinement supplémentaires" annoncés par Emmanuel Macron.

Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a, lui, expliqué qu’il prévoyait un déficit public de 9%. Bruno Le Maire a, par ailleurs, annoncé que l'aide aux entreprises menacées de faillite serait portée à 5 000 euros. Le chômage partiel dont bénéficient plus de 8 millions de salariés coûtera 24 milliards d’euros, selon les dernières estimations.