Covid-19 : le gouvernement détaille les mesures annoncées par Emmanuel Macron

15 octobre 2020 à 6h48 par Arnaud Laurenti

Au lendemain de l'annonce d'une mise en place de couvre-feux nocturnes en Île-de-France et dans huit métropoles à partir de samedi, le gouvernement organise une conférence de presse ce jeudi à 14h.

ALOUETTE
Crédit: Benoit Granier

Mercredi soir, Emmanuel Macron a décrété un couvre-feu total à Paris et dans sa région, "où le virus circule très activement", ainsi que dans les métropoles de Lille, Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Toulouse et Saint-Etienne.

Ces villes, qui concentrent 20 millions d'habitants, sont les plus touchées par la reprise de l'épidémie depuis la rentrée et le gouvernement prévoit d'étendre la mesure jusqu'au 1er décembre si le Parlement l'autorisait.

Une situation qui se dégrade

"Nous sommes dans une situation qui est préoccupante et qui justifie que nous ne soyons ni inactifs, ni dans la panique", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un entretien sur TF1 et France 2.

Les derniers chiffres montrent encore une aggravation de la situation avec plus de 100 morts et 193 personnes admises en réanimation sur 24 heures. L'épidémie a déjà fait plus de 32.000 morts en France.

Afin de réussir à baisser le nombre de contaminations "par jour de 20.000 (actuellement) à 3.000 ou 5.000", "nous devons prendre des mesures plus strictes" que celles prises ces derniers mois, a affirmé le chef de l'Etat.

Le Premier ministre, Jean Castex, accompagné des ministres de la Santé, Olivier Véran, de l'Intérieur, Gérald Darmanin, de l'Economie, Bruno Le Maire, et du Travail, Elisabeth Borne, doivent détailler ces nouvelles mesures lors d'une conférence de presse à 14H00.

Quels financements ?

Le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, a indiqué que se posera "très certainement la question du financement des mesures annoncées et qui seront précisées" par le Premier ministre, en évoquant la possibilité d'amender le budget 2021 en cours d'examen au parlement.

Certaines mesures seront par ailleurs prises dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire qui a été rétabli mercredi par décret après avoir été imposé du 23 mars au 10 juillet.

"L'objectif c'est de pouvoir continuer à avoir une vie économique, que les écoles, les lycées et les universités soient ouvertes, que nos concitoyens puissent travailler tout à fait normalement et qu'il puisse y avoir une vie sociale" même restreinte, a justifié le président.

Des amendes de 135 euros seront dressées en cas de non respect du couvre-feu et des dérogations seront accordées, par exemple pour ceux qui "rentrent du travail après 21H00, ou qui travaillent de nuit", a-t-il indiqué.

En revanche, il n'y aura ni restrictions de transport lors du couvre-feu, ni de limites de déplacements entre les régions, a-t-il précisé, en ajoutant que ces mesures n'empêcheront pas les gens de partir en vacances de la Toussaint qui débutent vendredi soir.

Alors que la crise fait basculer dans la pauvreté des centaines de milliers de personnes supplémentaires, Emmanuel Macron a enfin annoncé une aide exceptionnelle de 150 euros, augmentée de 100 euros par enfant, pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et de l'aide personnalisée au logement (APL).

"Nous en avons jusqu'à l'été 2021 au moins avec ce virus, tous les scientifiques sont clairs", a prévenu Emmanuel Macron, en s'efforçant cependant d'envoyer un message positif alors que la défiance monte dans l'opinion. "J'ai besoin de chacun d'entre vous, nous avons besoin les uns des autres" et "on sortira plus fort", a-t-il conclu.

Mais, à l'Assemblée nationale où le budget devait être examiné au même moment, les oppositions ont largement critiqué ces annonces. Avec le couvre-feu, les "hypothèses" économiques du budget 2021 ne "sont plus tenables", a dénoncé la députée LR Véronique Louwagie, alors que la patronne du groupe PS, Valérie Rabault, a jugé que le couvre-feu allait "affecter économiquement les restaurants et les salles de spectacles", en pointant "un défaut d'anticipation". Un "budget mort-né", a encore dénoncé le LR Eric Woerth.

(avec AFP)