Essai clinique de Rennes: l'Agence du médicament (ANSM) visée par une perquisition

21 avril 2016 à 10h43 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

Les locaux de l'Agence du m�dicament (ANSM) ont fait l'objet mardi d'une perquisition dans le cadre de l'enqu�te sur l'essai clinique au cours duquel un volontaire est d�c�d� en janvier au CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine), a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Cette perquisition, effectu�e en Seine-Saint-Denis par la gendarmerie, s'inscrit dans l'enqu�te pr�liminaire ouverte par le parquet de Paris apr�s le d�c�s de ce volontaire lors d'un test de la mol�cule ("BIA 10-2474"), principalement � vis�e antidouleur, selon un protocole autoris� par l'ANSM et conduit par le centre d'essais cliniques Biotrial.

Au cours de cette perquisition, les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes � l'environnement et � la sant� publique (OCLAESP) ont saisi des "donn�es informatiques", a pr�cis� la source judiciaire.

Six volontaires sains participant � l'essai de Phase 1 de cette mol�cule du laboratoire portugais Bial, avaient �t� hospitalis�s en janvier et l'un d'eux, Guillaume Molinet, �tait d�c�d�. Quatre des survivants pr�sentaient des l�sions c�r�brales.

Dans leurs conclusions publi�es mardi, les experts mis en place par l'Agence nationale de la s�curit� du m�dicament ont estim� que l'accident mortel - "in�dit" - de Rennes �tait "clairement li' � la toxicit� de la mol�cule test�e. S'ils consid�rent que "les r�gles semblent globalement avoir �t� respect�es", celles de "bon sens" ont �t� bafou�es � plusieurs reprises, soulignent-ils.

La perquisition, survenue le m�me jour que la publication du rapport, intervenait aussi apr�s des r�v�lations, le 13 avril, dans Le Figaro de l'existence d'une note interne et confidentielle de l'ANSM �voquant l'alerte d'un �valuateur sur des effets toxiques sur le syst�me nerveux d'animaux soumis aux tests pr�liminaires.

"Les informations contenues dans cette note jettent un s�rieux doute sur le bien-fond� de l'autorisation de poursuite des essais de cette mol�cule sur l'homme", avait indiqu� mardi dans un communiqu� Me Jean-Christophe Coubris, avocat de la famille du patient d�c�d�.

Contact� par l'AFP, l'avocat a accueilli avec "satisfaction" cette perquisition, esp�rant "qu'� travers cette d�marche de la justice sortira une v�rit� autrement plus coh�rente que les conclusions pr�sent�es par les experts".

A la t�te du groupe d'experts, le Pr Bernard B�gaud a estim� que la mol�cule mise en cause �tait "moins efficace qu'un m�dicament" d�j� commercialis� et "pas plus efficace que plusieurs mol�cules de la m�me famille qui avaient �t� abandonn�es pour cause d'inefficacit'.

Les experts ont par ailleurs �voqu� "une probable accumulation progressive au niveau c�r�bral" de la mol�cule, en raison des doses r�p�t�es de 50 mg donn�es aux victimes.

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(AFP)