Face aux "risques de violence", le PS veut reporter son université d'été

4 juillet 2016 à 10h17 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

Face aux "risques de violence" et � moins d'un an de la pr�sidentielle, le Premier secr�taire du PS Jean-Christophe Cambad�lis a annonc� dimanche le report de l'universit� d'�t� de la Belle Alliance populaire, initialement pr�vue � Nantes du 26 au 28 ao�t.

"Devant les risques de violences � Nantes, o� dans tout autre endroit o� se tiendrait l'universit� d'�t� de la Belle alliance populaire, il vaut mieux reporter, suspendre, l'universit� de cet �t�. C'est ce que je ferai comme proposition aux acteurs de la Belle alliance populaire" (BAP), a affirm� sur France 3 M. Cambad�lis.

"On en discutera pour trouver une autre date qui permette de faire les choses avec plus de s�r�nit', a ajout� le d�put� de Paris, selon lequel "on mena�ait de violence sur nos militants, on mena�ait de saccager l'ensemble de la ville".

Les appels � perturber l'universit� du PS et de ses alli�s s'�taient multipli�s ces derni�res semaines, conjonction de la protestation contre la construction de l'a�roport de Notre-Dames-des-Landes et de celle � la loi travail.

Le 18 juin, un collectif d'opposants de diverses ob�diences, dont des "zadistes", s'�tait ainsi promis de "rendre impossible cette universit� d'�t'. Samedi, les organisations syndicales de Loire-Atlantique oppos�es � la loi El Khomri ont annonc� un projet d'"un grand meeting intersyndical" � Nantes le 26 ao�t.

Depuis le d�but de la contestation contre le projet de loi, des manifestations ont d�g�n�r� plusieurs fois en affrontements entre des groupes de casseurs et la police, notamment � Rennes et � Nantes. Des locaux du PS, de la CFDT, mais aussi de la CGT, ont �t� vandalis�s.

 

- Universit� d'automne ? -

 

Sur Twitter, la maire de Nantes Johanna Rolland (PS) a salu� "une d�cision responsable qui r�pond � (sa) demande".

"Pas surpris" mais "choqu� qu'en France, dans une ville comme Nantes, on ne puisse plus organiser un d�bat (...) parce qu'on est sous la menace d'acteurs violents", le d�put� �cologiste "r�formiste" de Loire-Atlantique Fran�ois de Rugy a estim� "sans doute prudent d'agir ainsi".

Pr�sident de l'UDE, principal partenaire du PS dans la BAP, le secr�taire d'Etat Jean-Vincent Plac� a affirm�: "Depuis le d�but, je dis que Nantes, c'est compliqu� � cause du calendrier (...) sauf si on arr�te Notre-Dame-des-Landes."

Une majorit� d'�lecteurs de Loire-Atlantique ont approuv� dimanche dernier la d�cision de d�m�nager l'a�roport de Nantes � Notre-Dame-des-Landes. Le Premier ministre a promis dans la foul�e le d�but des travaux � l'automne, et l'expulsion de la ZAD.

Du coup, a expliqu� un porte-parole des zadistes, "l'universit� d'�t� du PS � Nantes s'apparentait pour nous � une provocation" et "nous nous r�jouissions qu'un mouvement large (syndicalistes, pr�caires, �tudiants, etc.) se soit mobilis� contre".

"Cette reculade montre une fois de plus que le gouvernement, et donc le Parti socialiste, ont perdu toute l�gitimit', selon son communiqu�.

Une "universit� d'automne" � Dijon, en octobre, comme sugg�r� par M. Plac�? Le maire PS Fran�ois Rebsamen a indiqu� � l'AFP "partage(r) la d�cision" de M. Cambad�lis, et discutera avec lui lundi.

Maire divers gauche de Montpellier et ancien dissident PS Philippe Saurel a propos� sur Twitter � Jean-Christophe Cambad�lis de "tout faire" dans sa ville, o� les aubrystes seront r�unis fin ao�t... et o� Manuel Valls s'est fait huer vendredi par des opposants � la loi travail.

Pour le d�put� PS Yann Galut, "l'annonce du report ou de la suppression de #Nantes par @jccambadelis montre l'�tat de rupture du #Gouvernemt avec les Fran�ais #r�agissons".

"Triste de constater � quel point nous en sommes arriv�s...", a tweet� le "frondeur" Pascal Cherki.

Et Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, a tacl�: "Soit nous faisons une universit� de rentr�e soit pas...� l'automne? en pleine primaire? Pas une bonne id�e, comme avoir voulu aller � Nantes".

Jean-Christophe Cambad�lis avait crÈ la surprise en f�vrier en annon�ant la d�localisation de l'universit� d'�t� de La Rochelle � Nantes, avec le souhait d'inscrire dans l'espace la volont� du PS de se d�passer dans la Belle alliance populaire.

Chez Les R�publicains, Eric Ciotti a ironis� dimanche: "Jusqu'o� vont-ils aller dans le ridicule? Un parti qui ne se r�unit plus n'est plus un parti".

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(AFP)