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Izïa - "Je ne me sens pas forcément en adéquation avec ma génération"

12 mai 2020 à 07h00 Par Alexandrine DOUET
Izïa, le 29 novembre dernier à Nantes dans les loges de Stéréolux
Crédit photo : Alouette

Un tube, une histoire ! Impossible de passer à côté du hit « Sous les pavés » qui passe en boucle sur les ondes d’Alouette depuis plusieurs semaines. Une musique « catchy et dansante » qui contraste avec un « texte révolté » selon la description d’Izïa, l’auteure et interprète de ce titre extrait de son album « Citadelle ».

Nous avions rencontré Izïa le 29 novembre dernier à Nantes, juste avant son concert sur la scène de Stéréolux. L’occasion pour la chanteuse de se livrer à quelques confidences.

« Un texte que j’ai mis du temps à écrire »

Le titre « Sous les pavés » fait bien évidemment référence à l’un des célèbres slogans des événements de mai 1968 « Sous les pavés, la plage ». Cette époque a profondément marqué son père Jacques Higelin, qui fait partie des artistes qui incarnent « l’esprit de mai 68 ». C’est en effet à cette période que l’interprète de « Tombé du ciel » a fait véritablement ses débuts dans la chanson avec ses textes engagés, après être apparu dans plusieurs longs-métrages notamment devant la caméra de plusieurs réalisateurs prestigieux, Henri Decoin ou encore Yves Robert. Plusieurs décennies plus tard, sa fille Izïa chante « Sous les pavés », cette fois pour dénoncer un monde où tout va trop vite, où la chanteuse a l’impression de se perdre « dans un flot perpétuel de contenus, d’images éphémères… » Ce qui lui fait dire que parfois, elle ne se sent pas en adéquation avec sa génération. Ce morceau est le dernier qu’Izïa a composé pour ce nouvel album. « Un texte que j’ai mis du temps à terminer et même à commencer…Ensuite ç’a été un peu comme une fulgurance ».  

Un message à son père

Le 4e album d’Izïa sorti le 11 octobre dernier, est sans doute le plus personnel de la chanteuse. « Un album qui a dû être mis en pause à certains moments pour accepter certaines nouvelles, des tristes et d’autres plus joyeuses », explique la jeune femme. Durant son écriture entamée fin 2017, Izïa a en effet perdu son père au cours du printemps 2018, avant de devenir maman 4 mois plus tard. Dans plusieurs titres, la jeune artiste qui soufflera ses 30 bougies le 24 septembre prochain, rend hommage ou plutôt délivre un message à son papa avec qui elle entretenait « une relation extrêmement fusionnelle ». Plusieurs titres font directement référence à Jacques Higelin, à commencer par « Dragon de métal », qui ouvre cet album, ou encore « Calvi » ville chère au cœur de Higelin. On entend aussi sa voix au début du titre « Eidarri ». Dans « Que tu saches », c’est cette fois à son fils qu’Izïa s’adresse. Un petit garçon qu'elle a eu avec son compagnon à la ville comme à la scène, Bastien Burger, musicien, compositeur et photographe, qui a travaillé notamment aux côtés du groupe The Do. 

Bientôt de retour sur scène...et au cinéma

Comme de nombreux artistes, Izïa a été contrainte de suspendre sa tournée en raison de l’épidémie de coronavirus. Elle devait notamment se produire à l’Olympia au mois d’avril. Si toutes les conditions sont réunies, Izïa reprendra sa tournée à l'automne. Elle sera notamment de retour dans le Grand Ouest au mois d'octobre : le 1er à Quéven (56), le lendemain sur la scène de l’Acoustic Festival au Poiré-sur-vie (85), le 3 octobre à Rennes dans le cadre du festival Mythos, le 15 à Saint-Malo et le 30 octobre à Angers.

Izïa qui est aussi comédienne (elle a reçu en 2013 le César du meilleur espoir féminin pour le film « Mauvaise fille ») sera également de retour prochainement sur grand écran dans le film « Petite Nature » de Samuel Theis.

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