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Le Grande America représente-t-il un danger pour l'environnement ?

21 février 2020 à 16h16 Par Denis Le Bars
Crédit photo : Archives

Les boulettes et galettes de fuel qui se sont échouées sur des plages de Vendée et de Loire-Atlantique proviennent probablement de ce « roulier » qui a sombré il y a près d’un an. Ce n’est peut-être pas fini.

C’était en mars 2019. À la suite d’un incendie, le Grande America sombrait au large de nos côtes après l’évacuation de son équipage (près d’une trentaine de personnes).

Le roulier, laissé à l’abandon, repose depuis par 4600 de fond au cœur du Golfe de Gascogne à environ 300 kilomètres à l’ouest de la Charente-Maritime, 140 kilomètres au sud-ouest du Finistère.

Une première pollution marine

Dans les réservoirs du navire, 2200 tonnes de fuel destinées à alimenter les moteurs. Deux jours après le naufrage, une nappe d’hydrocarbure de 10 km sur 1 est détectée à la surface. Un navire dépollueur est rapidement mobilisé. Le pétrole collecté est transporté vers la Rochelle. Des oiseaux mazoutés sont découverts sur la côte, mais toute risque de pollution du littoral est finalement écarté. Un mois après le naufrage, un robot sous-marin est utilisé pour vérifier l’état de l’épave et colmater les brèches.

Une seconde pollution

Si les analyses du CEDRE de Brest se confirment, les galettes de fuel qui se sont échouées sur les plages peuvent laisser craindre de nouvelles fuites. Précisons que la viscosité de cet hydrocarbure lui permet de flotter facilement à la surface de l’eau, et de se laisser porter par les vents et les courants. Les tempêtes qui se sont succédé cet hiver ont été marquées - comme c’est généralement le cas - par des vents d’ouest avec des variations nord-ouest et sud-ouest. Ceci accrédite la thèse d’une dérive entre l’emplacement de l’épave et la situation des plages de Vendée et de Loire-Atlantique.

Que contient le navire ?

Outre ce pétrole, le Grande América, transportait 2000 véhicules dont 37 Porsche, près de 200 poids lourds et 64 engins de chantiers. Ajoutons à cela la présence de 365 conteneurs. Selon les autorités, ces conteneurs ne peuvent pas remonter à la surface, mais 45 d’entre eux sont répertoriés comme contenant des matières dangereuses. Il y aurait notamment 100 tonnes d’acide chlorhydrique et 70 d’acide sulfurique. Quels seront les effets du temps sur toute cette cargaison ?