Les ex-GMS publient une vidéo sur les réseaux sociaux

15 mai 2020 à 12h19 par Thierry Matonnat

Deux ans et demi après la reprise de l’équipementier automobile GM&S par le groupe GMD sous l’entité LS Industrie, les salariés ont réalisé une vidéo reprenant les engagements de chacun sur ce dossier emblématique. Les salariés repris craignent que la crise liée à la Covid-19 vienne donner un coup d’arrêt fatal à l’usine de La Souterraine.

ALOUETTE
Les ex-GM&S n'oublient pas
Crédit: Alouette | Thierry Matonnat

Le 11 septembre 2017, après 8 mois de lutte, les salariés de GM&S obtenaient la reprise de leur entreprise par le groupe GMD. 120 des 277 ont été préservés et 157 personnes se sont retrouvées sans emploi. Aujourd’hui, 22 ex-GM&S sont partis à la retraites, 46 ont trouvé un CDI, 9 ont créé leur entreprise, les autres sont au chômage ou parfois même en fin de droits.

Ni oubli, ni pardon

Les ex-GM&S n’ont rien lâché depuis le début. Aujourd’hui, ils ont réalisé un montage en image rappelant les engagements de chacun.

Le 9 juin 2017, Emmanuel Macron fraichement élu, en déplacement à Bellac déclarait « je ne suis pas le père noël » face à la détresse des salariés.

Le 6 juillet 2017, suite au blocage du site Peugeot de Septfonds, le ministre de l’économie Bruno Le Maire demandait aux salariés sur BFMTV « levez le blocage et faites-le tout de suite, c’est votre intérêt » et il rajoutait « c’est faux de dire que l’État ne fait rien, l’État fait tout pour garantir la pérennité du site GM&S à La Souterraine ».

Le même jour, le député LFI, Eric Coquerel lors des questions au gouvernement s’interrogeait sur la faiblesse de son action pour sauver les GM&S.

Bruno Le Maire répondait que le gouvernement « avait obtenu 22 millions d’euros d’investissements de Renault et Peugeot, plus l’investissement de 5 millions d’euros d’investissements nouveaux sur le site », et qu’il faisait « pression sur Peugeot pour qu’il confirme à son tour son investissement ». Le ministre de l’économie avait rajouté que « l’état s’est engagé à hauteur de 5 millions d’euros pour investir davantage sur le site pour garantir sa pérennité ».

Le 16 septembre 2017, lors des Journées du patrimoine, les salariés souhaitaient faire découvrir leur usine au public, mais en guise d’accueil, les visiteurs ont été reçu par un cordon de gendarmes mobiles. Le dialogue semblait rompu.

Le 8 décembre 2017, le député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau s’engageait au micro d’Elisabeth Martichoux sur RTL à ce « qu’aucun salarié ne soit laissé au bord du chemin ».

Le 27 septembre 2018, Bruno Le Maire reconnaît sur France 2 que « PSA et Renault ne tiennent pas leurs engagements vis-à-vis de LSI ».

En presque 3 ans, les constructeurs PSA et Renault sont loin d’avoir tenu leurs engagements selon Stéphane Ledormand un ex-GM&S, avec 12 M€ de CA en 2018,  15,5 M€ en 2019 et 19 M€ prévus cette année avant la crise.

Inquiétude

En ce début du mois de mai, les salariés de LS Industrie sont inquiets. Selon Patrick Brun délégué CGT ex-GM&S aujourd’hui chez LSI, l’activité sur le site sostranien tourne plus qu’au ralenti. Les salariés craignent que la crise sanitaire du coronavirus ne serve de prétexte pour fermer leur usine. En effet, LSI ne devrait pas réaliser la moitié de son objectif d'ici à la fin de l'année.

Écouter Patrick Brun

La justice suit son cours

Le Conseil d'Etat a confirmé l'annualtion du plan social des GM&S de 2017 le 27 janvier dernier. 

Des actions devant le conseil des prud'hommes sont en cours pour obtenir des indemnités.

Des ex-salariés de GM&S ont assigné PSA et Renault devant le tribunal d'instance pour abus de position dominante à l'automne 2018.

Les ex-GM&S ont rédigé un projet de loi visant à responsabiliser les donneurs d'ordre vis-à-vis des sous-traitants, des emplois et des territoires.