Mais qu’est-ce-qui fait courir Kevin Plessis ?

15 octobre 2019 à 4h00 par Alexandrine DOUET

Ce nantais de 28 ans vient de boucler un périple hors-normes : une traversée de l’Europe à pied en autonomie et quasiment sans assistance pour sensibiliser le public à la problématique des déchets.

ALOUETTE
Kevin Plessis à son arrivée le 27 septembre à Tarifa (Espagne)
Crédit: Facebook | Kevin Plessis-aventurier

6000 km parcourus, 10 pays traversés

Kevin Plessis, passionné de sport et de grands espaces est de retour d’une expédition inédite qu’il a baptisée « Euro Zero »

Après une préparation minutieuse dans les Alpes, le jeune aventurier s’est élancé le 5 avril dernier du Cap Nord en Norvège, et passé la ligne d’arrivée le 27 septembre à Tarifa, dans le Sud de l’Espagne.
Durant 6 mois, il a ainsi parcouru 6000 km à pied avec derrière lui un chariot de 30 kilos et sur le dos un sac de 10 kilos, pour transporter duvet, bâtons de marche, baskets, gourdes, sachets de nourriture lyophilisée ou encore raquettes à neige et affronter des conditions météo extrêmes : autour de -20° en Norvège, 36° en Espagne. Kevin a même dû affronter un très violent orage quelques jours avant son arrivée dans la région de Madrid. Chaque jour, il marchait entre 10 et 14 heures, soit une quarantaine de kilomètres en moyenne.

Kevin Plessis revient sur son aventure dans Alouette Mag :

 

120 kilos de déchets ramassés

Le chariot, c’était essentiellement pour collecter les nombreux déchets rencontrés sur son chemin.
Armé d’une pince, Kevin a ramassé un peu plus de 6700 déchets au total, soit environ 120 kilos. Des déchets en tout genre, de plus en plus nombreux au fur et à mesure de son voyage.

Si les scandinaves sont les meilleurs élèves en matière de gestion des ordures ménagères,  les français ont encore beaucoup d’efforts à faire. En France où Kevin a récupéré environ 2000 déchets avec notamment une grande quantité de mégots. Les espagnols sont eux les champions en matière de bouteilles plastiques. Ce qui a marqué le jeune homme, c’est le contraste entre la propreté devant la plupart des maisons ibériques et l’amoncellement de déchets en dehors des villes.

Prêt à repartir

Kevin Plessis a financé lui-même son expédition. Comme lors de son « Expédition Breizh » en 2017 (2200km à pied du Mont-Saint-Michel à La Baule) il n’a fait appel à aucun sponsor. Ses proches l'ont tout particulièrement soutenu durant son aventure. Lors de son retour en France, certains membres de sa famille l'ont rejoint en France, pour qu'il puisse se débarrasser d’une partie de son matériel utilisé dans les pays les plus froids.

Aujourd’hui, Kevin le dit lui-même. Ce voyage l’a profondément changé. Après avoir tenu un carnet de bord et diffusé des images et vidéos via les réseaux sociaux, il souhaite maintenant partager son expérience au plus grand nombre, en donnant des conférences ou en allant à la rencontre des écoliers.

Selon lui, tout le monde peut agir au quotidien en changeant ses habitudes. Il a lui-même arrêté d'acheter des bouteilles d'eau en plastique, des produits ménagers et dans sa salle de bains, il est passé au savon solide.

Dans le même temps Kevin Plessis pense déjà à un nouveau défi. Avec toujours en filigrane un message écologique :
« J’ai de plus grands projets. J’aime bien le froid, les grandes distances, les expéditions inédites… » nous a-t-il confié sans en dire plus. Mais une chose est sûre, on reparlera très prochainement de ce jeune aventurier humaniste.