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Mission Patrimoine : 2 sites du Grand Ouest sélectionnés

30 juin 2020 à 15h35 Par Arnaud Laurenti
L'intérieur du tribunal de Baugé-en-Anjou.
Crédit photo : Mission Patrimoine

La Mission Bern pour la sauvegarde du patrimoine est de retour en 2020 et 18 sites emblématiques ont été retenus cette année, dont 2 en Bretagne et Pays de la Loire.

Depuis 2018, 3 500 sites en péril ont été signalés par le grand public et les acteurs du patrimoine. Les projets sont ensuite sélectionnés avec l’aide des directions régionales des affaires culturelles
(DRAC) du ministère de la Culture et des délégués bénévoles de la Fondation du patrimoine. Parmi les 390 sites déjà sélectionnés, 170 sont d’ores et déjà sauvés ou sur le point de l’être : 39 opérations sont achevées, et 131 sont en cours.

Bretagne : Phare, fort et caserne de l'Île aux Moines (Côtes-d'Armor)

L’Ile aux Moines doit son nom à l’installation d’une communauté de cordeliers au XVe siècle. Non fortifiée par Vauban, elle devient un repère de corsaires anglais. Face à cette piraterie, les autorités royales décident au début du XVIIIe siècle de fortifier l’archipel. Le fort et la caserne datent de cette période.

Au XIXe siècle, un phare est implanté sur l’île pour sécuriser la côte. Il sera éclairé en 1854. Détruit en 1944, il est remplacé en 1952.

L’histoire de l’île est intimement liée à celle de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) née en 1912 suite au massacre des macareux moines - symbole de l’association - lors de safaris organisés par la Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest sur les côtes Nord de Bretagne et en particulier sur l’archipel des Sept-Iles. Le classement de l’archipel en Réserve naturelle protégée, la première en France, date de cette période. Jusqu’en 1970, la LPO se consacre à la gestion de la réserve des Sept-Iles avant de créer d’autres réserves naturelles en France.

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Ile aux Moines © Erwan Le Cornec - Géos-AEL

PROJET DE VALORISATION

L’Ile aux Moines est la seule île de l’archipel accessible au public. Elle accueille 80 000 visiteurs par an. Le projet consiste à l’aménager et la valoriser en y intégrant son patrimoine bâti aujourd’hui fermé au public. La caserne sera le point d’accueil et le fort le point clé de la visite, avec une terrasse offrant une vue panoramique exceptionnelle sur l’archipel. Le phare sera conservé et deviendra un gîte à dimension culturelle, paysagère, faunistique et floristique.

ÉTAT DE PÉRIL

Des travaux de conservation d’urgence ont été réalisés, ce qui a permis de préserver les différents édifices, mais avec des matériaux inadaptés (couverture en plastique et huisseries en PVC pour
le phare, couverture en fibrociment pour la caserne, etc.). Il est nécessaire de reprendre ces travaux pour conserver les différents édifices avec des matériaux adaptés à l’intérêt patrimonial du site.

NATURE DES TRAVAUX À RÉALISER

Phare : restauration de la couverture, rejointoiement ponctuel en maçonnerie, remplacement des huisseries en bois, aménagements intérieurs, conservation du mobilier d’origine.

Caserne : reprise des fondations et maçonnerie du mur d’enceinte, restauration de la chapelle et mise en valeur dans sa configuration originelle, restauration de la couverture restaurée
en ardoises épaisses.

Fort (inscrit monument historique) : sécurisation du site et aménagement de la plateforme avec vue panoramique.

COLLECTE

En cours avec la Fondation du patrimoine, à consulter ici.

OUVERTURE DU SITE

L’accès au grand public de l’île aux moines dans l’archipel des sept îles à Perros-Guirec sera possible à compter du 10 juillet.

Pays de la Loire : l'ancien tribunal à Baugé-en-Anjou (Maine-et-Loire)

Situé en coeur de bourg, ce tribunal a été construit entre 1862 et 1866, d’après les plans de l’architecte tourangeau Léon Rohard, inspirés par le Palais de Justice de Paris. Son style néoclassique traduit l’hégémonie de l’école des Beaux-Arts sous le Second Empire. Sa majestueuse façade principale est agrémentée de quatre colonnes doriques à double volute, soutenant un rebord de toit orné d’une remarquable frise sculptée.

L’intérieur de l’édifice dévoile d’immenses salles aux murs couverts de boiseries et de cheminées de pierre sculptées. L’actuelle salle d’audience du tribunal est décorée avec une tapisserie ancienne dans les tons bleus. Le partipris de l’époque consistait en un tribunal communiquant directement avec la maison d’arrêt, située à l’arrière (réaménagée en 2012-2013, après sa fermeture en 1951, pour devenir le Centre Culturel René d’Anjou). Les travaux de construction sont complétés en 1867 par l’aménagement de jardins.

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Ancien tribunal de Baugé en Anjou © OCUS - Fondation du patrimoine

PROJET DE VALORISATION

La commune nouvelle de Baugé-en-Anjou a lancé une réflexion afin de maintenir les services de première nécessité sur le territoire. En effet, l’hôtel de ville, construit pour la seule commune de Baugé, ne permet plus de répondre aux besoins en locaux administratifs de la ville constituée désormais de 15 communes déléguées, avec une population totale de 12 500 habitants.

Le Conseil municipal est délocalisé au Centre culturel René d’Anjou et sa réunion hebdomadaire a très souvent lieu au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville, dans des locaux peu fonctionnels et partagés avec la médiathèque. L’objectif est donc de retrouver des espaces disponibles, afin de pouvoir répondre à l’évolution de l’organisation de la ville et de ses services administratifs. Il s’agit également de redonner une visibilité au Tribunal d’Instance qui n’accueille pour le moment que les archives municipales dans son aile gauche et des associations.

N’étant ouvert au public que de manière très ponctuelle, il doit s’affirmer comme lieu d’expression de la démocratie locale et de participation du citoyen.

ÉTAT DE PÉRIL

Le palais de justice semble souffrir de malfaçons dès les années 1870 et d’un mauvais entretien permanent qui expliquent peut-être aujourd’hui son état de dégradation alarmant.

La première urgence concerne les couvertures vétustes et les zingueries au regard des nombreuses fuites et infiltrations d’eau. À l’intérieur, les plafonds monumentaux et verrières sont dégradés et  les plâtres fragilisés. Enfin, les pieds de murs, souffrant de remontées d’humidité, sont également à reprendre, les emmarchements s’affaissant.

NATURE DES TRAVAUX À RÉALISER

Les travaux de restauration du tribunal sont phasés en 3 tranches :

Tranche 1 : restauration des parties hautes.

Tranche 2 : restauration et aménagement intérieurs.

Tranche 3 : restauration des façades et soubassements du tribunal.

COLLECTE

En cours avec la Fondation du patrimoine, à consulter ici.

À noter : les 103 nouveaux sites « de maillage » (un site par département et collectivité d’outremer), qui bénéficieront également des jeux Mission Patrimoine en 2020, seront annoncés au début du mois de septembre.

Les 16 autres sites emblématiques 2020 sont les suivants :

- AUVERGNE-RHÔNE-ALPES : Eglise Saint-Etienne de Mélas au Teil – Ardèche

- BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ : Temple protestant Saint-Martin à Montbéliard – Doubs

- CENTRE - VAL-DE-LOIRE : Grange pyramidale à Jars – Cher

- CORSE : Couvent des Filles de Marie de l’Île Rousse – Haute-Corse

- GRAND EST : Séchoir à tabac de Lipsheim, remonté à l’Ecomusée d’Alsace d’Ungersheim – Haut-Rhin

- HAUTS-DE-FRANCE : Église Saint-Pierre de Dompierre-sur-Authie – Somme

- ILE-DE-FRANCE : Fort de Cormeilles-en-Parisis – Val-d’Oise

- NORMANDIE : Théâtre romain de Lillebonne – Seine-Maritime

- NOUVELLE AQUITAINE : Viaduc des Rochers Noirs – Corrèze

- OCCITANIE : Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse – Aude

- PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR : Cathédrale Notre-Dame du Réal à Embrun – Hautes-Alpes

- GUADELOUPE : Habitation Zévallos au Moule

- MARTINIQUE : Eglise du Sacré-Coeur de Balata

- GUYANE : Eglise Saint-Joseph d’Iracoubo

- LA RÉUNION : Pont suspendu de la rivière de l’Est

- ST-PIERRE-ET-MIQUELON : Cathédrale de Saint-Pierre