Tout savoir sur MSC Virtuosa, le paquebot géant qui a quitté les Chantiers de l'Atlantique

31 mars 2021 à 8h10 par Julia Maz-Loumides

Ce mardi 30 mars, le MSC Virtuosa a quitté les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire pour rejoindre la Grande-Bretagne. Entretien avec Patrick Pourbaix, directeur général de MSC Cruises.

ALOUETTE
Le navire peut accueillir, au total, plus de 8 000 personnes.
Crédit: MSC Virtuosa

331 mètres de long, 67 mètres de haut, le MSC Virtuosa a fait grande impression ce mardi 30 mars lors de son départ des Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire. Ce paquebot géant peut accueillir 6 334 passagers et 1 704 membres d'équipage. Entretien.

Qu’a-t-il de plus que ses prédécesseurs ce paquebot MSC Virtuosa ?

C’est évidemment un paquebot qui est à la pointe de la technologie et de ce que l’on peut faire aujourd’hui. La première qualité de ce bateau, en dehors de toutes les facilités qu’il offre à bord, c’est tout ce que l’on a fait comme efforts pour réduire son empreinte environnementale. C’est aujourd’hui ce qui est vraiment le plus important.

Comment avez-vous procédé pour réduire cette empreinte ?

Sur ce bateau, quand on parle des émissions qui sortent de la cheminée, on est extrêmement actifs pour réduire notre impact. Il existe ce que l’on appelle les oxydes de soufre, les oxydes d’azote et les particules fines, globalement, sur tous ces sujets, avec les filtres qu’on a en place à bord de ce bateau, on réduit à plus de 90% l’ensemble de ces paramètres. C’est-à-dire que le bateau est vraiment extrêmement propre.

Le dernier facteur, ce sont les émissions de CO2, et là aussi, l’efficience des moteurs s’améliore de navire en navire avec le temps. Pour exemple, la peinture utilisée pour peindre la coque en blanc, c’est une peinture spéciale qui laisse glisser l’eau et qui permet d’économiser 10% de la consommation. Tous ces sujets, on les aborde avec une énorme précision, et aujourd’hui, on arrive à une efficacité qui est quand même remarquable.

Quel est le confort à bord pour les passagers de ce nouveau paquebot ?

Un confort toujours plus grand. Il faut savoir qu’un paquebot comme ça accueille plus de 4 000 passagers, c’est un village flottant. En revanche, l’animation qu’on a à bord d’un bateau comme celui-là est celle d’une ville. On a deux salles de spectacle, une vingtaine de bars différents, dont un bar à champagne qui fait honneur à la France, et douze restaurants dont certains à thèmes. En ce qui concerne les bars, il y a une grande nouveauté : on a à bord, dans un des bars, un robot qui prépare et sert les cocktails à la demande des passagers.

Quel est l’avenir du MSC Virtuosa ?

Avec la crise que nous connaissons, on doit changer et adapter nos plans en permanence, c’est notre vie actuellement. Le bateau devait rejoindre la Méditerranée et puis le nord de l’Europe. Finalement, il n’en sera rien. Le bateau a quitté Saint-Nazaire ce mercredi, il va rejoindre Le Havre pour y rester quelques semaines avant d’être placé sur le marché britannique car l’évolution de la vaccination en Grande-Bretagne est excellente.

Aujourd’hui, les Britanniques peuvent voyager, on a donc décidé de positionner ce bateau au départ de Southampton pour faire tout un cycle de croisières pendant tout l’été pour le marché britannique. Sa première croisière inaugurale partira le 20 mai de Southampton.

Avez-vous mis en place un protocole sanitaire particulier à bord de vos paquebots ?

Depuis déjà un bon moment. MSC Croisières était la première compagnie maritime à repartir avec des grands navires le 16 août 2020. Nous avions mis en place à l’époque un protocole sanitaire que l’on a encore affiné par la suite au fur et à mesure des connaissances que nous avons sur ce virus.

Qu’en est-il des réservations pour ces prochains mois ?

On est confiant et on a bon espoir, l’été n’est pas du tout perdu. On voit bien que c’est la vaccination qui joue un rôle essentiel. On voit que ça progresse même si c’est parfois laborieux. On a encore tous nos espoirs pour l’été et tout cela est programmé. On aura quand même une dizaine de navires en fonctionnement cet été. En ce qui concerne l’hiver, on pense qu’on va revenir à la normale avec des croisières qui sont positionnées à plus longue distance.

Craignez-vous que les gens réservent à la dernière minute ?

On s’y attend. On a déjà quand même beaucoup de gens qui ont réservé. On a également des gens qui ont reporté leurs croisières de 2020 en 2021. Il y a bien sûr de la place, aujourd’hui, on n’a pas de problèmes de stocks. Si on a plus de demandes, on mettra un autre bateau en circulation jusqu’à un retour à la normale. Ce qui est intéressant de noter, c’est qu’on a déjà un grand nombre de réservations, la moitié, à peu près, de ce que l’on a d’habitude. On pense qu’il y aura certainement un phénomène de dernière minute mais on aura de la place pour ces gens.

(Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac)