Vaucluse : des dealers coulent des dos d'âne pour ralentir la police

7 juin 2021 à 9h55 par Léanne Coste

Des trafiquants de drogue ont eu recours à une méthode inédite et ingénieuse pour ralentir les descentes de police : couler des dos d’âne dans la cité où ils opèrent.

ALOUETTE
Crédit: Archives

Lorsque l’on s’adonne à des activités illégales, tous les moyens sont bons pour échapper aux policiers. À Cavaillon (Vaucluse), dans la cité sensible du Dr Ayme, quatre ralentisseurs ont été coulés à l’aide de béton armé, dans le week-end du 29 mai

Les agents de la mairie se sont rendus sur les lieux sous protection policière, deux jours plus tard, pour les retirer. Pour le moment, aucune interpellation n’a eu lieu.

Un phénomène d’appropriation des cités 

Le secrétaire national chargé de la zone Sud du syndicat Unité SGP Police FO, Bruno Bartocetti, raconte que "ces dos d'âne étaient bien plus imposants que les ralentisseurs habituels, ils ont été montés rapidement, en une nuit seulement, avec grand professionnalisme".

Barrages improvisés, routes fermées… Le fléau de l’appropriation des cités par les trafiquants n’est pas quelque chose de récent. Pour Jean-Baptiste Perrier, directeur de l'Institut de sciences pénales et de criminologie à l'université d'Aix-Marseille, y a deux explications possibles : "La structuration du réseau, parfois digne de vraies entreprises, et l'abandon de ces territoires par les services publics."

À noter que ce phénomène croissant est bien souvent au cœur des conflits entre les habitants et les dealers.