Virus en Chine : l'épidémie s'étend et le risque de mutation inquiète

22 janvier 2020 à 6h30 par Arnaud Laurenti

Le coronavirus qui sévit actuellement en Chine a fait au moins 9 morts, tandis que 440 patients ont été identifiés. D'autres cas ont été diagnostiqués au Japon, à Taiwan, en Thaïlande et aux Etats-Unis. L'OMS se réunit ce soir pour déterminer les mesures à prendre à l'échelle mondiale.

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Le virus a été repéré pour la première fois en décembre à Wuhan, une mégapole de 11 millions d'habitants, dans un marché de gros de fruits de mer et de poissons. L'origine exacte du virus reste toutefois incertaine.

Un nouveau type de virus

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère).

Zhong Nanshan, un scientifique chinois de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi que la transmission par contagion entre personnes était "avérée". C'était la première fois qu'une telle affirmation était faite publiquement.

Étant donné le petit nombre de contagions interhumaines rapporté, le potentiel de transmission dans les pays développés "devrait être faible", a commenté Paul Hunter, professeur de protection sanitaire à l'université d'East Anglia, mais à condition que les procédures de contrôle soient appliquées rigoureusement.

En 2002-2003, le Sras avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l'OMS. L'organisation internationale avait à l'époque vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie.

Réunion de crise de l'OMS

Alors que des cas ont été confirmés ailleurs en Asie et aux Etats-Unis, un comité ad hoc de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se réunit mercredi à partir de 19h heure française pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

L'OMS n'a jusqu'ici utilisé ce terme que pour de rares cas d'épidémies nécessitant une réaction internationale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

En Chine, près de la moitié des provinces du pays sont touchées, y compris des mégapoles comme Shanghai et Pékin. Un cas a été décelé à Macao, capitale mondiale des jeux d'argent, où les employés de casinos devront porter des masques.

Les autorités redoutent que le virus puisse se propager à la faveur des longs congés du Nouvel an chinois, qui commencent vendredi, et donnent lieu chaque année à des centaines de millions de voyages en car, en train ou en avion dans l'ensemble du pays. Relayant un appel du président Xi Jinping à "enrayer" l'épidémie, M. Li a annoncé des mesures de prévention telles que ventilation et désinfection dans les aéroports, les gares et les centres commerciaux. Des détecteurs de température corporelle pourront également être installés dans les sites très fréquentés, a-t-il annoncé.

(avec AFP)