Pourquoi retrouve-t-on des oiseaux morts sur nos plages ?

Publié : 11h21 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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Plus de 2 500 oiseaux marins ont été retrouvés morts ces derniers jours sur la façade atlantique, du Finistère à la Charente-Maritime. En cause : tempêtes à répétition et manque de nourriture, selon la LPO. Un phénomène surveillé de près.

Oiseau mort sur une plage de la façade Atlantique
Oiseau mort sur une plage de la façade Atlantique
Crédit : LPO

"On constate un grand nombre d’oiseaux échoués. Plus de 2 500 ont déjà été récupérés sur l’ensemble de la façade atlantique." Depuis plus d’une semaine, les promeneurs découvrent des cadavres de macareux sur les plages bretonnes, vendéennes et charentaises. Le phénomène, d’abord localisé en Bretagne, s’étend désormais jusqu’à l’île de Ré, Oléron et la côte Sauvage.

 

Comment faire si vous trouvez un cadavre ?

Que faire si l’on découvre un oiseau sur la plage ? Premier réflexe : observer les pattes. Un macareux peut être bagué. Parfois équipé d’une petite balise.

"Sa petite bague, c’est vraiment sa pièce d’identité. Elle détient des informations très importantes : où il a été bagué, à quel moment."

Une bague peut raconter un voyage depuis l’Islande ou l’Écosse. Elle permet de documenter les routes migratoires et les causes de mortalité.

En cas de découverte :

  • Photographier l’oiseau (surtout les pattes).
  • Vérifier la présence d’une bague ou d’une balise.
  • Signaler l’observation sur le site de la LPO.

Si l’oiseau est vivant, contacter immédiatement le centre de soins le plus proche via le site de la LPO.

"Nous avons une base de données générale. On peut voir sur des cartes où sont les zones les plus touchées."

 

"Ce sont des oiseaux marins qui vivent 100 % de leur vie en mer"

Les principales victimes sont des Macareux moine. Ces oiseaux emblématiques arrivent d’Islande et d’Écosse pour hiverner au large des côtes françaises.

"Ils viennent chez nous pour passer l’hiver et s’alimenter. Ils ne viennent à terre que pour se reproduire."

Cet hiver, la succession de tempêtes fragilise les individus les plus faibles. Les analyses écartent la piste de la grippe aviaire. Les prélèvements montrent surtout un état de sous-nutrition.

"On a un constat de sous-nutrition. Beaucoup de jeunes oiseaux n’arrivent plus à s’alimenter, liés à un manque de ressources en mer."

La cause profonde ? La raréfaction des poissons.

"Les oiseaux marins sont, au niveau mondial, le deuxième groupe d’oiseaux le plus menacé, notamment à cause de la surpêche."

Une pression invisible, mais constante.

 

"On ne retrouve que 10 % des oiseaux échoués"

"En général, on n’a que 10 % des oiseaux qui viennent s’échouer. Quand on en trouve 2 500, on peut imaginer qu’environ 20 000 sont morts en mer."

Le phénomène n’est pas inédit. En 2014, plus de 40 000 oiseaux avaient été recensés morts après un hiver particulièrement rude. Aujourd’hui, les bénévoles de la Ligue pour la protection des oiseaux restent en alerte. La répétition des tempêtes, elle, interroge.

"La succession des conditions hivernales avec ces tempêtes est de plus en plus régulière. On le sait, c’est lié notamment au changement climatique."

Un cumul de pressions : surpêche, dérèglement climatique, événements extrêmes. Ces échouages hivernaux ne sont pas inédits, mais leur ampleur et leur extension géographique sont suivies de près par les associations et les scientifiques. Les données collectées ces jours-ci permettront d’affiner l’analyse des causes et d’évaluer l’évolution du phénomène dans les prochaines semaines. En attendant, chaque signalement contribue à mieux documenter la situation sur l’ensemble du littoral atlantique.