Décrue en Maine-et-Loire : des serpents retrouvés dans les maisons

Publié : 16h07 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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Après plusieurs jours d’inondations, la décrue a commencé en Maine-et-Loire. À Rochefort-sur-Loire notamment, des habitants ont découvert des serpents sur leurs murs, leurs vitres, parfois même à l’intérieur de leur maison. Explication avec Cyril Michel, vice-président de l’association Amphirept et pilote du programme SOS Serpents.

Serpent pendant la décrue en Maine-et-Loire
Serpent pendant la décrue en Maine-et-Loire
Crédit : Association Amphirept

L’eau se retire. La boue reste. Et parfois… un serpent sur le rebord d’une fenêtre. Depuis le début de la décrue, plusieurs habitants du Maine-et-Loire ont signalé des couleuvres retrouvés dans leur jardin ou dans leur habitation. À Rochefort-sur-Loire, sévèrement touchée par les crues, deux cas d’intrusion ont été recensés. Une photo montre même un serpent plaqué contre une vitre. Mais ces reptiles ne “débarquent” pas par hasard.

 

"Ils ont été délogés de leur habitat naturel"

"Ce n’est pas qu’ils se baladent, c’est qu’ils ont été délogés de leur habitat naturel par la crue", explique Cyril Michel vice-président de l’association Amphirept. La montée des eaux a tout balayé. Or, nous sommes en fin de période de brumation, l’équivalent de l’hibernation chez les reptiles. Certains serpents dormaient encore dans leurs cachettes. D’autres commençaient à se réveiller. Avec la déferlante, ils ont été emportés. Tous savent nager. Mais pas avec la même aisance. Les espèces semi-aquatiques, comme la couleuvre vipérine ou la couleuvre helvétique, s’en sortent mieux. D’autres, comme la coronelle lisse ou la vipère aspic, sont adaptées aux milieux secs. "Beaucoup ont péri." D’autres se sont accrochés à des buissons, des branches, des embâcles. Et certains ont tenté de gagner les hauteurs : murs, palissades et maisons.

 

"90 % des rencontres sont des couleuvres"

La peur est immédiate. Le danger, lui, est beaucoup plus rare selon le professionnel.

"Dans la région, 90 % des rencontres avec un serpent sont des couleuvres"

Ces couleuvres sont inoffensives. Elles ne possèdent pas de crochets à venin. Les 10 % restants concernent principalement la vipère aspic. Plus au nord, on peut aussi croiser la vipère péliade. Ces deux espèces sont venimeuses. Mais elles n’attaquent jamais spontanément.

"Les seuls cas de morsure sont des morsures défensives"

Autrement dit : il faut les manipuler, leur marcher dessus ou tenter de les saisir pour déclencher une réaction. Et même en cas de morsure, plus d’une fois sur deux, il s’agit d’une "morsure sèche", sans injection de venin. Une surveillance hospitalière reste toutefois recommandée.

 

"On ne touche pas le serpent, on nous appelle"

Autre point essentiel : les serpents sont strictement protégés. Depuis 2021, il est interdit de leur nuire. Les tuer est illégal. Si un serpent est découvert lors de la décrue, notamment pendant le déblayage des embâcles, la consigne est simple : ne pas intervenir seul.

"On ne touche pas le serpent. On prend une photo ou une vidéo et on contacte SOS Serpents"

Le programme, porté par l’association Amphirept basée en Touraine, intervient majoritairement à distance. 99 % des situations ne présentent aucun danger, ni pour l’humain ni pour l’animal. Si nécessaire, des bénévoles habilités et autorisés peuvent se déplacer pour capturer et déplacer l’animal. SOS Serpents est intervenu dans 70 départements.

Vigilance lors du nettoyage. La décrue révèle des embâcles, des amas de branches et de débris. C’est là que les serpents ont parfois trouvé refuge. En Indre-et-Loire fin 2024, plusieurs cas similaires avaient été observés au moment du retrait des eaux. La crue détruit. La décrue surprend. Et dans ce paysage bouleversé, les serpents cherchent simplement un endroit sec pour sauver leur peau.