Triple meurtre à Angers : l’accusé condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

Publié : 7h08 par
Corentin Mathias - Journaliste

Corentin Mathias vous donne les infos près de chez vous, tous les week-ends, en direct sur Alouette.

Après huit jours de procès, un ex-réfugié soudanais a été condamné ce vendredi 20 mars par la cour d'assises de Maine-et-Loire à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir tué à l'arme blanche trois jeunes hommes âgés de 16 à 20 ans, en juillet 2022 à Angers.

Justice
Justice
Crédit : Illustration Envato - DR

L’accusé, Al Khawad Al Zine Sulaymane, 36 ans, comparaissait depuis le vendredi 13 mars pour trois meurtres, trois tentatives de meurtre et deux agressions sexuelles. Des faits commis dans la nuit du 15 au 16 juillet 2022 en plein centre-ville d’Angers.

 

Une nuit d’horreur

Si dans son verdict la Cour a reconnu une altération de son discernement au moment des crimes, elle a en revanche exclu une diminution de la peine. Le trentenaire a donc été condamné ce vendredi à une peine de réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de 22 ans de sûreté. L’avocate générale avait requis cette peine maximale, estimant que le mis en cause avait "littéralement exécuté ces trois jeunes gens et tenté d’en tuer trois autres de manière préméditée".

Le drame s’était produit au cœur de l’été 2022, dans la nuit du 15 au 16 juillet, en plein centre-ville d’Angers, sur une esplanade animée en bord de Maine. Al Khawad Al Zine Sulaymane, fortement alcoolisé, importune des passants et commence à agresser sexuellement des jeunes filles, leur touchant les fesses. Plusieurs garçons prennent la défense des filles et une bagarre éclate, suscitant l'intervention de pompiers et policiers, sans arrestation.

Après le départ des secours, l'homme quitte les lieux en voiture et, environ une heure plus tard, revient avec un couteau de 20 cm dissimulé. Dans un bref laps de temps, il tue trois jeunes hommes âgés de 16, 18 et 20 ans, dont certains avaient été mêlés plus tôt à l'altercation.

"Il n'y a que des zones vitales qui ont été touchées. Ces victimes se sont vidées de leur sang en quelques instants", a relevé l'avocate générale. "Le déroulement des faits relève d’une logique guerrière. C’est un tueur, il a appris à tuer", avait pointé l’avocate générale.

 

L’accusé fait appel

L’avocate de l’accusé a annoncé qu’il avait décidé de faire appel de ce verdict, "non pas pour ajouter à la douleur des familles", "mais parce que la cour n'a pas retenu la diminution de peine à laquelle il avait le droit de prétendre du fait de son altération de discernement", a précisé son avocate.

Rappelons qu’un premier procès s’était tenu en octobre 2025, mais le procès de cet ex-réfugié soudanais avait été renvoyé. Le président de la cour d’assises avait fait parvenir par erreur aux parties un document mentionnant la condamnation à perpétuité de l’accusé, alors que le verdict ne devait être prononcé que le lendemain.

(Avec AFP)