Trottinettes électriques à la Roche-sur-Yon : déjà plus de 5000 trajets

29 novembre 2021 à 16h35 par Denis LE BARS

La ville de la Roche-sur-Yon a déployé fin octobre un réseau de location de 150 trottinettes électriques en libre-service. Le point après un mois d'utilisation.

trottinettes-electriques
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Crédit: Bird

Précisons-le, il s'agit d'abord d'une expérimentation. Pendant six mois, la ville va tester un dispositif de location de 150 trottinettes sur une grande partie de la ville. Le réseau propose 70 stations. Entretien avec Laurent Favreau, vice-président de la Roche-sur-Yon agglomération.

 

Est-ce que ce dispositif de location de trottinettes électriques fonctionne bien ?

Oui, ça a plutôt un fort succès. En un mois, on comptabilise 5 000 trajets. On compte 1 700 utilisateurs et une moyenne de 2,6 kilomètres dans le cadre des trajets effectués. On peut dire que les Yonnais se sont rapidement appropriés le service. On voit qu’à travers ces chiffres, il y a une demande forte pour ces solutions de mobilité douce. Maintenant, il faut voir l’utilisation et l’adapter sur la période qui s’annonce, parce qu'elle va durer six mois dans le cadre de l’expérimentation. En tout cas, on peut dire qu’il y avait une attente et il y a eu une réponse. Clairement, l’utilisation et les chiffres le démontrent.

Avez-vous une idée des utilisateurs ? Ce sont plutôt des jeunes  ?

On est plutôt sur une population jeune, effectivement, en provenance des communes périphériques. Mais, on a aussi des jeunes adultes, des trentenaires, des quarantenaires, qui apprécient aussi ce mode de déplacement et qui aujourd’hui, clairement, utilisent ce service pour réaliser les déplacements courts plutôt que de les faire à pied. Ce mode de déplacement rapide semble être une réponse à leurs besoins.

Quels sont justement les motifs de déplacements à trottinette ?

Ce sont des courts déplacements, pour aller au lycée, pour se rendre au travail, pour faire un déplacement entre deux zones d’activités… Mais en tout cas, pour les trajets domicile-travail, je pense que ça peut être la réponse aussi par rapport à du déplacement à vélo. On a une complémentarité entre la mobilité vélo, la marche à pied et la trottinette.

Est-ce qu’on sait, d’ores et déjà, si les relais et les parkings sont bien disposés aujourd’hui sur la ville et sur l’agglomération ?

Avec un mois d’expérimentation, non, je ne pense pas que nous ayons assez de retours. On voit clairement aujourd’hui des choses s’identifier mais il faut laisser encore un petit peu de temps à l’expérimentation pour nous apporter toutes ces réponses. Evidemment qu’aujourd’hui, les 70 points qui ont été développés sur la ville de La Roche-sur-Yon seront certainement modifiés si nous retenons et si nous pérennisons l’usage des trottinettes à la fin de l’expérimentation. Un redéploiement de ces relais et de ces parkings à usage des trottinettes pourra être modifié et sera certainement mieux pris en compte, mieux identifié, pour vraiment rendre visible l’usage des trottinettes.

Vous mettez vraiment l’accent sur ce côté expérimental pour l’instant. Qu’est-ce qui va déterminer votre choix à terme ?

Certainement que le nombre d’utilisations et le nombre d’utilisateurs nous sert de repère. Comme nous le faisons quand nous expérimentons des nouvelles lignes de bus. Là pour la trottinette, on aura évidemment ce regard-là, on aura le regard aussi par rapport à la sécurité parce qu’on a aujourd’hui une utilisation bien encadrée des trottinettes, il y a une réglementation par rapport à ça. Donc, on verra bien s’il n’y a pas de débordements, si les utilisateurs utilisent correctement les trottinettes et s’ils utilisent la voie correctement par rapport aux autres usagers de la route. Et donc, tout ceci rentrera en ligne de compte.

Pour l’instant, pas d’incidents ou d’accidents recensés ?

Pas d’accidents majeurs mais quelques petits haussements de voix, si je peux me permettre (rires). Mais, c’est savoir se respecter aussi sur la route. C’est une nouvelle utilisation, ce sont des changements de mentalité, ce sont des changements de comportement que nous devons commencer à emmener, que nous travaillons dans le cadre de notre plan de déplacement global pour dire que la voie n’appartient pas seulement à une catégorie, elle appartient à plusieurs usages. Et tout ceci doit concourir à faire baisser la part de la voiture dans ces courts trajets et à améliorer la part modale des déplacements doux, que ce soit à travers le vélo, la trottinette, la marche à pied également. Donc, tous ces usages-là doivent cohabiter sur des espaces restreints. On essaie d’améliorer, à travers les cheminements, et à travers les passerelles que nous sommes en train de réaliser. Tout ceci doit se mettre en œuvre et ça prend, évidemment, un petit peu de temps.

 

Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac.