Vendée : 30 ans de prison pour l’assassinat d’un prêtre

Publié : 22 janvier 2026 à 21h16 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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La cour d’assises de Vendée a condamné ce jeudi 22 janvier 2026, à 30 ans de réclusion criminelle l’homme jugé pour l’assassinat du père Olivier Maire, en août 2021. Les jurés ont retenu la préméditation et écarté toute altération du discernement. La peine est assortie de deux tiers de sûreté et d’une interdiction définitive du territoire français.

Me Maud Navenot à la sortie du procès
Me Maud Navenot à la sortie du procès ce jeudi 22 janvier
Crédit : Alouette DR

Il est un peu plus de 19 heures lorsque le verdict tombe, ce jeudi 22 janvier, dans la salle d’audience de La Roche-sur-Yon. L’atmosphère est lourde, presque figée. À l’énoncé de la peine, 30 ans de réclusion criminelle, l’accusé ne manifeste aucune réaction. Ni geste, ni parole. Il était resté muet et immobile tout au long des quatre jours de procès. Resté muet tout au long du procès, le condamné n’a jamais pris la parole. "Comme vous tous, je ne connais pas le son de sa voix", a rappelé son avocate, Me Maud Navenot.

Sur les bancs des parties civiles, l’émotion est palpable mais contenue. La famille du prêtre assassiné n’affiche pas de soulagement. Le verdict clôt le temps judiciaire, sans apaiser la douleur.

 

Une préméditation retenue

Les jurés ont répondu à sept questions pour établir les faits et la responsabilité pénale. Ils ont reconnu des coups volontaires, ayant entraîné la mort, avec intention de la donner, et surtout avec préméditation, à une large majorité. En revanche, ils ont rejeté l’hypothèse d’une abolition ou d’une simple altération du discernement, rendant sans objet toute diminution de peine au titre de l’article 122-1 du code pénal.

Cette décision va à l’encontre de l’avis d’une psychiatre entendue à l’audience, mais rejoint celui d’un autre expert, qui décrivait un homme délirant sans que cela n’altère sa responsabilité pénale au moment des faits.

La réaction de Me Maud Navenot, l'avocate de la Défense à la sortie du procès
La réaction de Me Maud Navenot, l'avocate de la Défense à la sortie du procès
Crédit : Alouette DR

Une peine inférieure aux réquisitions

Le parquet avait requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 22 ans de période de sûreté, dressant le portrait d’un homme présenté comme violent et manipulateur. La cour a finalement opté pour une peine de 30 ans, avec deux tiers de sûreté, une interdiction définitive du territoire français, ainsi qu’une peine complémentaire d’inéligibilité.

 

Me Céline Party, avocate des frères d'Olivier Maire.
Me Céline Party, avocate des frères d'Olivier Maire.
Crédit : Alouette DR

Déjà condamné à quatre ans de prison pour l’incendie de la cathédrale de Nantes en 2020, l’accusé voit son parcours judiciaire s’alourdir encore. À l’issue de l’audience, aucun mot n’est prononcé. Le silence, lui, demeure.