Grippe aviaire : les volailles françaises à nouveau confinées

5 novembre 2021 à 10h30 par Arnaud Laurenti

Les volailles plein air françaises vont à nouveau devoir passer un hiver confiné, le risque lié à la grippe aviaire imposant depuis vendredi leur "mise à l'abri" pour éviter tout contact avec les oiseaux migrateurs potentiellement porteurs du virus qui a fait des ravages l'an dernier.

Volaille
Crédit: Pixabay

Le gouvernement espère éviter la répétition de l'épisode de l'hiver dernier, quand le virus s'était répandu comme une traînée de poudre dans les élevages du Sud-Ouest et n'avait pu être enrayé qu'au prix de l'abattage de plus de 3,5 millions de volailles, essentiellement des canards.

L'enfermement de volailles habituées à évoluer dehors est souvent vécu comme un crève-coeur pour les éleveurs. Il intervient en outre à une période où ces élevages tournent à plein, avant les fêtes de fin d'année lorsque sont consommés dindes, chapons et foie gras.

 

Le niveau de risque relatif à l'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), communément appelée grippe aviaire, vient de passer à "élevé" en France métropolitaine, selon un arrêté publié vendredi au Journal officiel.

"L'emballement de la dynamique d'infection dans les couloirs de migration justifie l'élévation du niveau de risque" à "élevé" sur "l'ensemble du territoire métropolitain", indique l'arrêté qui entre en vigueur immédiatement.

"Depuis le début du mois d'août, 130 cas ou foyers d'influenza aviaire ont été détectés dans la faune sauvage ou dans des élevages en Europe, notamment au bord de la mer du Nord et de la mer Baltique, dont trois foyers dans des élevages allemands", recense le ministère de l'Agriculture dans un communiqué.

"Dans le même temps, la claustration de tous les élevages professionnels a été décidée aux Pays-Bas à la suite de la détection d'un foyer dans un élevage de poules pondeuses. En Italie, six foyers ont été détectés dans des élevages de dindes de chair dans la région de Vérone depuis le 19 octobre", poursuit le ministère.

Des cas ont aussi été détectés en France, mais uniquement dans des élevages non-professionnels, ce qui permet de conserver le statut "indemne" d'influenza qui conditionne des débouchés à l'export.

Les cas français concernent "trois basses-cours contaminées" dans les Ardennes et dans l'Aisne, rappelle le ministère.

 

Opposition d'éleveurs

Lorsque le niveau de risque est "élevé", les élevages commerciaux doivent "mettre à l'abri" les volailles, mais aussi les particuliers, au moins en installant un filet au-dessus de leur basse-cour.

Les rassemblements de volailles, par exemple pour des concours, sont interdits, de même que les compétitions de pigeons voyageurs "au départ ou à l'arrivée de la France jusqu'au 31 mars", liste le ministère. Dans les zoos, les oiseaux ne pouvant être confinés ou placés sous filet doivent être vaccinés.

Le niveau de risque avait été relevé le 10 septembre pour passer à "modéré". Les éleveurs situés dans près de 6.000 communes devaient dès lors confiner leurs volailles, en particulier le long de la façade Atlantique et du couloir rhodanien - des zones humides prisées par les oiseaux migrateurs.

Des professionnels s'étaient déjà émus de cette mesure, certains affirmant même qu'ils n'enfermeraient pas leurs volailles. Ils estiment que c'est contraire au "sens" de leur métier d'éleveur plein air et qu'ils "trompent" le consommateur qui plébiscite la mention "plein air" sur les étiquettes.

"Notre mode d'élevage n'est pas remis en cause, c'est exagéré", avait estimé la semaine dernière auprès de l'AFP Bernard Tauzia, président du syndicat des volailles fermières (Synalaf) et éleveur des Landes, département le plus touché l'an dernier par l'épizootie.

 

(avec AFP)