"On s’apprête à vivre la plus grosse inondation connue depuis 43 ans" : ce restaurant vendéen face à la crue

Publié : 15h44 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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À Péault, en Vendée, le restaurant L’Aubraie fait face à une crue annoncée comme historique. Repris en 2024 par Clémence Roy, l’ancien établissement familial se prépare à une inondation comparable à celle de 1983, vécue à l’époque par sa grand-mère.

La Guinguette de L'Aubraie, janvier 2025
La Guinguette de L'Aubraie, Vendée - Janvier 2025
Crédit : Alouette DR - Laura Vergne

L’eau a déjà envahi les abords du restaurant. Elle est montée, redescendue, puis revenue. Sur la terrasse et dans la véranda, la boue a laissé des traces. Et cette fois, l’épisode s’annonce hors norme. Selon les prévisions, le pic est attendu dans les prochaines heures. Un niveau rarement atteint. Clémence Roy, la gérante du restaurant résume :

"On s’apprête à vivre la plus grosse inondation connue depuis plus de 40 ans."

 

 

Une crue historique annoncée

À Péault, le niveau de l’eau est surveillé heure par heure. Les chiffres donnent le ton. La dernière crue comparable remonte à 1983.

"L’eau est montée à 3,63 mètres. La prévision moyenne annonce 3,20 mètres au pic [ce jeudi 11 février]."


Un niveau mesuré par rapport à l’échelle hydrologique. Concrètement, cela signifie jusqu’à 70 centimètres d’eau devant la porte du restaurant. À l’intérieur aussi, l’eau entrera. Mais elle devrait rester limitée.

" Lors de la plus grosse inondation qu’on a connue ici, il y avait 20 centimètres d’eau dans le restaurant. Là, on espère ne pas dépasser dix centimètres."

 

La Guinguette de L'Aubraie en Vendée, janvier 2025 - Laura Vergne Alouette DR

 

Anticiper pour limiter les dégâts

Ici, l’inondation fait partie du paysage. L’établissement est connu dans le sud de la Vendée pour son emplacement au bord de l’eau, son calme, son charme et son cadre paisible. Trois bâtardeaux ont été installés sur les entrées. Trois pompes sont prêtes à fonctionner, dans la cuisine, le couloir et le bar.

"L’eau rentre quand même par les murs, par les joints. Les bâtardeaux filtrent, ralentissent. Ensuite, les pompes prennent le relais."

Le restaurant est fermé l’hiver. Une réouverture était prévue pour la Saint-Valentin, ce samedi 14 février. Elle reste désormais incertaine.

"Tout dépend de la vitesse à laquelle l’eau va redescendre."

 

Une histoire de famille et de transmission

En 2024, Clémence Roy reprend le restaurant de sa grand-mère. Un lieu chargé d’histoire. C’est elle, déjà, qui avait connu la grande crue de 1983.

"Ma grand-mère a vécu la pire inondation ici. C’était encore vingt centimètres plus haut. L’eau rentrait par les fenêtres."

Depuis la reprise, cinq inondations ont déjà frappé l’établissement. Celle-ci pourrait être la plus virulente. Malgré tout, pas de plainte. Juste de l’anticipation.

"On sait que le lieu inonde. C’est historique. On assume. Tant qu’il n’y a pas de blessés, il n’y a rien de grave."

Et une pensée pour les autres.

"Je plains surtout les habitants inondés chez eux, sans prévenir. Un restaurant, ce n’est pas une maison."

Ici, on attend désormais que l’eau fasse son œuvre. Puis qu’elle se retire. Pour, peut-être, rouvrir les portes dès ce week-end.