Des "encres toxiques" utilisées par les tatoueurs français, dénonce l'UFC-Que Choisir

19 février 2021 à 12h55 par Julia Maz-Loumides

Un tatouage sur la peau pour un cocktail de molécules chimiques toxiques dans le corps : l'association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé ce jeudi 18 février la "présence de produits cancérigènes, neurotoxiques ou hautement allergisants" dans 75% des encres utilisées par les tatoueurs français.

ALOUETTE
Seulement 5 encres sur les 20 testées ont passé avec succès les analyses !
Crédit: Unsplash

Lorsqu'un tatouage est réalisé, le tatoueur injecte dans la peau des encres dont la composition est bien moins encadrée que celle des cosmétiques ou des médicaments. Les effets des pigments, des substances chimiques colorantes qui composent les encres, ne sont pas analysés avant d'être vendus sur le marché, relève l'association de consommateurs. Or l'inscription reste gravée dans la peau pour la vie. Les candidats aux tatouages sont généralement attentifs aux conditions d'hygiène et de stérilité des aiguilles utilisées, mais pas à la composition des encres qui est souvent inaccessible, souligne l'UFC-Que Choisir dans son communiqué.

Les experts de l'association ont analysé les 20 encres les plus utilisées par les tatoueurs français, et les couleurs les plus fréquentes, à savoir le noir, rouge, vert et jaune. Le résultat : des "ingrédients cancérogènes, des conservateurs bannis des cosmétiques et des colorants interdits : 15 encres sur 20 sont disqualifiées", s'alarme l'UFC-Que Choisir.

Dans les encres noires, dont les tatoueurs font le plus usage, des dérivés d'hydrocarbures toxiques ont été retrouvés, et pour les rouges, vertes et jaunes, des pigments "qui risquent de se dégrader en libérant des amines aromatiques cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction et sensibilisantes", selon l'association, qui publie un dossier sur ce sujet qui paraîtra en mars. Ces composants sont susceptibles de provoquer des allergies qui peuvent se déclarer "très rapidement après la séance (de tatouage), ou des mois voire des années plus tard", relève l'association. Sans compter d'éventuels autres "effets délétères sur la santé qui, s'ils existent, apparaitront dans des années", pointe l'UFC-Que Choisir.

Une nouvelle réglementation européenne, qui s'appliquera à compter de décembre 2021, encadre la composition et l'étiquetage de ces encres de tatouage. L'UFC-Que Choisir demande aux autorités françaises plus de contrôle ainsi que le retrait et le rappel des produits dangereux déjà identifiés.

(avec AFP)