Emploi : Un label pour encourager l'engagement auprès des travailleurs handicapés

29 novembre 2019 à 9h05 par Clovis Canivenc

Le groupe Synergie labellise depuis l’année dernière ses agences les plus engagées en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap. Un tabou à briser chez les employeurs.

ALOUETTE
L'agence Synergie des Herbiers a reçu son label « Handi c’est oui » ce jeudi 28 novembre.
Crédit: Alouette

En 2019, le taux de chômage des personnes en situation de handicap reste toujours deux fois plus élevé par rapport à la moyenne nationale. À l’image du groupe Synergie, certains décident de prendre ce problème à bras-le-corps.

« Une belle cause »

Ce jeudi 28 novembre, l’agence des Herbiers s’est vu remettre le label « Handi c’est oui ». Une reconnaissance symbolique lancée en avril 2018 par le groupe Synergie afin de récompenser les agences les plus impliquées auprès des personnes handicapées.

« Depuis une quinzaine d’années, on a des collaborateurs qui accompagnent nos agences sur comment accueillir une personne en situation de handicap, l’amener vers l’emploi et répondre aux besoins des entreprises. On a voulu aller plus loin avec la création de ce label, sur la base du volontariat. C’est une belle cause et cela donne encore plus de sens à leur travail », explique François Pinte, secrétaire général du groupe Synergie.

Une réticence des employeurs

Au total, une soixantaine d’agences, sur les 350 que compte le groupe en France, ont reçu ce label. Aujourd'hui, tout employeur d'au moins 20 salariés doit compter 6% de personnes en situation de handicap sur son effectif total. À partir du 1er janvier 2020, même les entreprises de moins de 20 salariés devront déclarer les travailleurs handicapés qu’ils emploient pour permettre de mieux identifier leurs besoins et d’y répondre plus efficacement. « C’est une volonté du gouvernement, ajoute François Pinte. Les chefs d’entreprise ne peuvent plus simplement se dire : « Je vais payer ma contribution Agefiph (contribution financière pour les entreprises ne remplissant pas leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés, ndlr). Aujourd’hui, tout le monde doit s’engager et l’intérim est un formidable outil pour oser le handicap ».

Aujourd’hui, le taux d’emploi direct de travailleurs handicapés n’est que de 3,4% dans le secteur privé. Car les employeurs sont encore un peu réticents. « Il y a du travail à faire, reconnaît Sarah Wirtz, responsable d’agence aux Herbiers. Lors de la semaine européenne de l’emploi pour les personnes handicapées, on a organisé une permanence au sein d’une entreprise pour exposer ce sujet de façon un peu ludique et briser ce tabou ».

Des handicaps cachés par les demandeurs d’emploi

Les clichés ont encore la peau dure pour les travailleurs handicapés. Par exemple, et loin des idées reçues, aucun aménagement du poste de travail n’est nécessaire dans 85% des cas. Et pourtant « les personnes en situation de handicap n’ont pas forcément la volonté d’exprimer leur situation lors d’un entretien », affirme Sarah Wirtz. Certains cachent encore leur RQTH (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) face à un futur employeur…

Malgré tout, François Pinte « sent que les barrières tombent. Il y a de plus en plus de chefs d’entreprise qui font appel à nous parce qu’ils veulent progresser dans leur obligation de 6%. On sent une prise de conscience nationale ».