Handicap : à Angers, des "Jeudis Access" pour sensibiliser aux difficultés de déplacement

30 avril 2021 à 15h37 par Emma Piau

Ce vendredi 30 avril 2021 est la journée mondiale des mobilités et de l'accessibilité. Pour l’occasion, Philippe Lescurieux, élu de l’APF (Association des paralysés de France), nous présente le JeudiAccess : "une action pour dénoncer, valoriser, proposer".

ALOUETTE
Crédit: Unsplash

Philippe Lescurieux, adhérent, bénévole et élu de l’APF du Maine-et-Loire sillonne les rues d’Angers pour observer les accès des "établissements recevant du public de 5ème catégorie, c’est-à-dire les commerces tout venant qu’on retrouve dans les rues". Et il constate souvent que certains de ces lieux sont inaccessibles pour les personnes en situation de handicap.

Ainsi, chaque jeudi, l’APF du Maine-et-Loire présente sur ses réseaux sociaux des commerces difficile d’accès et d’autres qui peuvent accueillir leurs clients sans problème. Pour symboliser ces constations, les photos sont accompagnées de smileys explicites : le rouge signifie que l’accès n’est pas possible, la couleur orange informe que des efforts pourraient être faits et le vert valide l’accès du lieu en question.

"Au-delà des commerces, on le fait aussi pour la voierie. À Angers, on est encore dans la vieille ville avec des bâtiments à pans de bois et des passages protégés dont les bordures ne sont pas abaissées", précise Philippe Lescurieux.

Depuis le 27 janvier 2017, 140 lieux ont été passé aux cribles par Philippe et l’APF et sont entrés dans le livre #JeudiAccess. D’autres villes de la région sont aussi surveillées comme Les Sables d’Olonne, Saumur ou encore Cholet.

Cette semaine dans le cadre de l’action "Marches Attaques" et à l’occasion de la journée mondiale des mobilités et de l'accessibilité, l’association publie chaque jour trois situations sur les trois plus grandes villes du département (Angers, Saumur et Cholet).

Les Jeudis de l’Access sont nés du constat "qu’à Angers on est sur un coteau, les rues sont en pente, et comme les rues sont en pente, les accès aux commerces sont relativement difficiles", explique Philippe Lescurieux. Et malheureusement, rien n’est fait au niveau politique pour améliorer ce point noir de la capitale angevine."On a fait ce constat-là qu’entre la réglementation et la ville d’Angers, rien n’avançait", ajoute l'élu de l'APF.

Sensibiliser la population

L’objectif est donc de "mettre l’accent sur ceux qui ne font strictement rien", mais surtout de sensibiliser et de faire changer les mentalités. "L’idée, c’était de faire percevoir à tout un chacun les difficultés qu’on a en tant que personne en situation de handicap."

Une action efficace

La mairie et certains commerces prennent en compte les remarques de l’APF pour revoir leur accessibilité : "Plusieurs mois après, on voit des différences. Et quand c’est le cas, on fait des nouveaux smileys, des nouveaux visuels avant/après. Pareil pour les commerces, quand il y a une amélioration, on ne la loupe pas afin de valoriser le commerce s’il fait des efforts pour être accessible."

En revanche, pour d’autres, il est parfois difficile de se mettre aux normes. "Des fois, il y a des disproportions flagrantes entre les travaux et l’accessibilité qui peuvent mettre en péril la trésorerie du commerce. On n’est pas là non plus pour taxer et on comprend bien que si un commerçant fait état de cette chose-là, on le prend en compte et on donne la dérogation", détaille Philippe Lescurieux.

Des progrès flagrants

Ces dernières années, en France, de réels progrès d’accessibilité ont été constatés. "Aujourd’hui, on voit bien que le handicap, notamment les personnes en fauteuil, est descendu dans la rue. Il vit, on fait partie de la ville. Avant, il y a 10 ou 15 ans, ces personnes-là étaient recluses dans leurs appartements et ne bougeaient pas. Il n’y avait pas autant d’ascenseurs et d’appartements accessibles. Là maintenant, il y a une prise en compte sociétale du phénomène du handicap."