Patrick Poivre d'Arvor accusé de viols, une enquête est ouverte

19 février 2021 à 9h25 par Julia Maz-Loumides

La justice a ouvert une enquête sur des accusations de viols portées à l'encontre de l'ancien présentateur vedette du journal télévisé, Patrick Poivre d'Arvor, qui "récuse" fermement et se dit "instrumentalisé" par la plaignante. Des révélations qui ne surprennent pas d'anciennes connaissances.

ALOUETTE
Crédit: Capture d'écran | YouTube

Cette nouvelle affaire de soupçons de violences sexuelles a éclaté après la révélation par Le Parisien de la plainte de l'écrivaine Florence Porcel, qui reproche au journaliste et romancier, aujourd'hui âgé de 73 ans, un rapport sexuel non consenti en 2004 et de lui avoir imposé une fellation en 2009. Le parquet de Nanterre a indiqué ce jeudi 18 février à l'AFP avoir ouvert une enquête préliminaire après cette plainte, confirmant une information du Parisien.

Les faits de 2004 se seraient déroulés dans le bureau de PPDA chez TF1, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), à l'issue d'un journal télévisé et ceux de 2009 au siège de la société de production A Prime Group, selon Le Parisien. L'enquête préliminaire, confiée à la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne, "en est à ses tout débuts", selon le parquet. La plaignante n'a pas encore été entendue par la police, a précisé à l'AFP une source proche du dossier.

La plaignante, l'autrice et comédienne Florence Porcel, 37 ans, s'est notamment fait connaître grâce à sa chaîne YouTube spécialisée en astronomie, "La folle histoire de l'Univers". En 2019, cette youtubeuse avait fait partie des principales accusatrices de la "Ligue du LOL", groupe Facebook dont des membres ont été accusés de cyber-harcèlement. Début janvier, elle a publié un roman "Pandorini" (Ed. JC Lattès) dans lequel elle raconte l'histoire "inspirée d'un épisode de sa vie" dans laquelle une jeune femme est violée par un "monstre sacré du cinéma français" qui la tient sous son emprise. Contactée par l'AFP, Florence Porcel n'a pas souhaité réagir.

Une affaire qui ne surprend pas ?

Selon une enquête du Parisien, cette affaire ne surprend pas le monde de la télévision. Collectionneur de femmes, dragueur "bien lourd", PPDA semble tenir une certaine réputation auprès de ses collègues. "À chaque fois qu'un scandale MeToo éclate, je ne peux m'empêcher de me demander « Pourquoi rien ne sort sur Patrick Poivre d'Arvor ? »", indique, au quotidien, une reporter ayant travaillé avec lui.

Le journaliste aurait, selon plusieurs témoignages, eut des comportements étranges à plusieurs reprises : "Un soir, chez des amis communs, il m'a proposé 15 fois de me ramener chez moi sur son scooter malgré mes refus répétés", indique une autre témoin. Chez TF1, les anciennes auraient souvent alerté les nouvelles recrues. "Dès qu'une stagiaire arrivait, la première chose qu'on lui disait c'est « Fais gaffe, ne monte jamais seule dans l'ascenseur avec PPDA »".

Prêt à être entendu

Patrick Poivre d'Arvor a immédiatement répliqué jeudi, dénonçant "une dénonciation calomnieuse inspirée par une quête de notoriété inconvenante", dans un communiqué de son avocat Me François Binet, transmis à l'AFP. Il se dit prêt à être auditionné par les enquêteurs, "s'ils souhaitent l'entendre", et en "profitera également (...) pour procéder au dépôt d'une plainte" pour dénonciation calomnieuse à l'encontre de celle qui l'accuse.

Cette nouvelle affaire éclate alors qu'une vague d'accusations d'agressions sexuelles et d'incestes ont été portées ces dernières semaines contre des intellectuels ou hommes de pouvoir français. Le politologue Olivier Duhamel, l'artiste Claude Lévêque, l'acteur Richard Berry ou encore le producteur de télévision Gérard Louvin et son mari se sont trouvés accusés de viol par des proches, mineurs à l'époque. Le président du Centre National du Cinéma Dominique Boutonnat et l'homme politique pro-Frexit François Asselineau ont eux été inculpés d'agressions sexuelles. Les accusés démentent tandis que les enquêtes se multiplient.

(Avec AFP)