Pesticides : l'origine professionnelle de sa maladie de Parkinson reconnue

12 mars 2019 à 9h20 par Rédaction Alouette

<p>La famille d'un ancien employé agricole obtient gain de cause auprès du Tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) du Maine-et-Loire.</p>

ALOUETTE

Marcel Geslin d�c�d� en 2018 � l'�ge de 74 ans, avait travaill� pendant pr�s de 40 ans au sein d'une entreprise arboricole dans le segr�en, � Loir�. 

"Ce n'est pas qu'une victoire pour l'honneur. Nous souhaitons qu'elle contribue � faire �voluer la l�gislation sur les maladies professionnelles li�es aux produits phytosanitaires, afin que ce qui est arriv� � mon fr�re n'arrive plus", a comment� Michel Geslin, fr�re et tuteur de Marcel, qui a men� le combat administratif pour obtenir cette reconnaissance devant le Tribunal des affaires de s�curit� sociale (Tass) du Maine-et-Loire.

Employ� pendant 37 ans dans la m�me entreprise arboricole � Loir� o� il a pass� toute sa vie, Marcel Geslin �tait pr�pos� � l'entretien des vergers, la taille, l'�claircissage, la cueillette...

"Il ne manipulait pas lui-m�me les produits phytosanitaires. Mais comme tous les employ�s � l'�poque, il travaillait dans les rangs pendant et apr�s les traitements", rapporte Michel Geslin.

Apparus en 2008 apr�s son d�part en retraite, ses troubles ont �t� diagnostiqu�s "de type Alzheimer" avant d'�tre requalifi�s en "maladie de Parkinson" quelques ann�es plus tard, entra�nant l'ouverture d'une demande de reconnaissance en maladie professionnelle provoqu�e par les pesticides.

Une victoire apr�s deux refus

"Cette reconnaissance nous a �t� refus�e une premi�re fois en 2017 parce que le certificat initial de son m�decin traitant n'avait fait mention que de troubles de m�moire. Alors m�me que la MSA (Mutualit� sociale agricole)disposait de tous les avis des sp�cialistes", regrette Michel Geslin.

Un deuxi�me refus sera oppos� � la famille en 2018 pour des questions de d�lai d'instruction. C'est l'avis du Comit� r�gional de reconnaissance des maladies professionnelles de Bretagne, o� le cas de Marcel Geslin a �t� d�localis�, qui se r�v�lera d�cisif.

"C'est un cas embl�matique car il montre que les organismes de protection sociale agricole, bien que parfaitement inform�s, pr�f�rent laisser filer. Pour qui veut faire reconna�tre sa maladie, c'est un parcours du combattant", assure Michel Besnard, porte-parole du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest, lequel revendique 14 reconnaissances aupr�s des Tass de la r�gion depuis sa cr�ation il y a quatre ans.

A l'�chelle nationale, il n'existe aucune donn�e statistique publique sur les maladies professionnelles li�es aux produits phytosanitaires. En 2017, Patrice Heurtaut, directeur de la sant�-s�curit� au travail de la MSA avait indiqu� qu'elles repr�sentaient "2% des maladies professionnelles d�clar�es au titre du r�gime agricole".

Phytovictimes, autre association d'aides aux victimes professionnelles, a recens� 429 dossiers depuis sa cr�ation en 2011, dont 92 pour des maladies de Parkinson.

(Avec AFP