Zoo de Pont-Scorff : l'autorisation d'ouvrir au public suspendue, Rewild accuse

17 septembre 2020 à 12h35 par Arnaud Laurenti

Le zoo de Pont-Scorff, près de Lorient, racheté fin 2019 par l'ONG Rewild "pour libérer" les animaux, n'est plus autorisé temporairement à recevoir du public, a annoncé jeudi la préfecture du Morbihan, pointant des "carences majeures" que l'ONG, qui va saisir la justice, conteste.

ALOUETTE
Crédit: Facebook | Rewild

"Compte-tenu que l'association Rewild qui exploite actuellement le zoo de Pont-Scorff ne remplit pas les conditions nécessaires à l'ouverture au public, le préfet du Morbihan a pris le 11 septembre un arrêté portant interdiction de l'activité de présentation au public du zoo", indique un communiqué de la préfecture.

Un arrêté de mise en demeure avait été adressé à Rewild le 2 septembre, sans obligation de fermeture.

Des cadavres d'animaux découverts lors de la reprise

Pour pouvoir ouvrir, le zoo doit notamment avoir un salarié titulaire d'un certificat de capacité pour l'ensemble des espèces présentes. Interrogé, le gérant Jérôme Pensu affirme que les certificats de ses salariés couvrent 80% des espèces et qu'il est en cours de recrutement.

Parmi les infractions relevées par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), la collecte de 2 248 kilos de cadavres par l'équarrisseur après la reprise du zoo "sans que l'exploitant ait documenté et recherché les causes possibles de cette mortalité".

À ce sujet, le gérant explique avoir à son arrivée découvert les chambres froides du zoo remplies de cadavres.

Dans un communiqué, l'ONG observe que la mise en demeure survient quelques semaines seulement après son propre audit, dans lequel elle relevait 320 infractions depuis son arrivée et mettait en cause la qualité des contrôles des services vétérinaires de l'Etat dans le zoo.

Plainte de Rewild contre la DDPP

Rewild, qui dénonce une "étonnante tolérance, voire une complaisance de l'administration" envers les anciens dirigeants du zoo, annonce par ailleurs qu'elle va porter plainte pour dénonciation calomnieuse contre le directeur de la DDPP, à l'origine selon elle de la mise en demeure préfectorale.

Une procédure pour "abus de biens sociaux, actes de cruauté et mauvais traitements" a également été lancée contre l'ancien gérant et fils du fondateur Olivier Thomas, tandis que deux autres vont être lancées contre la fille du fondateur et l'un des anciens directeurs.

En décembre 2019, sept associations de protection des animaux, regroupées sous l'appellation "Rewild", avait racheté le zoo, en difficultés financières, après avoir lancé une cagnotte en ligne à l'issue de laquelle elles avaient récolté 735 000 euros.

L'objectif est de préparer les 561 animaux du zoo (lions, éléphants, girafes, pandas roux ou loups entre autres) à une remise en liberté. Rewild envisage également de transformer le zoo en centre de réhabilitation pour animaux sauvages saisis lors du démantèlement de trafics.

(avec AFP)