Quatre policiers condamnés après la mort d’un jeune dans un commissariat en 2019

Publié : 9h03 par
Adrien Michaud - Journaliste

Adrien Michaud vous informe en Bretagne, chaque jour de 6h à 10h, en direct sur Alouette.

Quatre policiers de Saint-Malo ont été condamnés, ce mardi 17 février, à six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire, après le décès en garde à vue d'un jeune homme de 19 ans dont ils avaient la charge au commissariat de Saint-Malo.

Quatre policiers ont été condamnés à six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire.
Quatre policiers ont été condamnés à six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire.
Crédit : Archives | MLG

Il y a maintenant plus de sept ans, alcoolisé, Allan Lambin, 19 ans à l’époque, a fait un malaise en garde à vue, avant de décéder dans la nuit du 9 au 10 février 2019, en état d'asphyxie avec hémorragie. Le tout sans que les policiers chargés de sa surveillance s’en rendent compte.

Le tribunal correctionnel de Rennes a donc condamné, ce mardi 17 février, ces quatre policiers de Saint-Malo à six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire. Ils devront aussi solidairement verser 40.000 euros au père de la victime au titre du préjudice moral.

Lors de son réquisitoire, le 20 janvier dernier, le ministère public avait dépeint une situation "ardue" après plus de sept ans de procédure. Il avait évoqué la douleur d'un père dont le fils est resté "deux heures inconscient, à quelques mètres de lui en garde à vue, dans une phase "d'agonie", et la situation des quatre prévenus qui ont "exercé leurs fonctions dans des conditions parfois difficiles".

À leur encontre, pour ce "défaut de surveillance" qui avait fait perdre selon lui "toute chance de survie" à Allan Lambin, le parquet avait requis une peine de six mois de prison avec sursis.

 

Un manque de vigilance

Le jeune homme et son père avaient fait l'objet d'une interpellation houleuse après avoir créé un incident de la route sans gravité à Dinard.

Allan Lambin avait alors été placé en garde à vue au commissariat de Saint-Malo après avoir été déclaré apte par un médecin. L'un des prévenus a reconnu une "surveillance vidéo aléatoire" au lieu des "passages physiques" préconisés toutes les 15 minutes.

"On a eu une surcharge de travail en très peu de temps" lors d'une soirée "active et agitée", a déclaré le chef de poste, ému à la barre, expliquant n'avoir pas remarqué plus tôt l'agonie du jeune homme, tombé à 22h43 et examiné à 00h34.

L'avocat d'un des policiers, Me Cyril Baron, a jugé "sévère" cette peine de six mois de prison. "Ce n'est pas une affaire de comportement inapproprié ou de violence policière, ici, c'est un manquement par imprudence qui leur était reproché, avec de surcroît un lien indirect avec le décès d'Allan Lambin", a-t-il déclaré.