Téléthon 2021 : "Quel bonheur de voir la solidarité s'exprimer autour de ce défi !"

3 décembre 2021 à 12h50 par Alexandrine Douet

Le dimanche 24 oct 2021, 2000 bénévoles s’étaient mobilisés pour dérouler une écharpe de plus de 3km sur le pont de Saint-Nazaire dans le cadre d'un défi insolite baptisé le "Tricothon".

Le parrainage des rectangles de laine continue dans le cadre du défi du Tricothon
Le parrainage des rectangles de laine continue dans le cadre du défi du Tricothon
Crédit: Facebook | Défi Tricothon

La 35e édition du Téléthon débute ce vendredi. Il est toujours possible de faire un don par téléphone 36 37 et sur le site internet telethon.fr
On peut aussi donner à travers les nombreuses initiatives proposées partout en France. Exemple en Loire-Atlantique avec la suite de l'opération « Tricothon » qui propose de parrainer des rectangles de laine. L'opération a retenu notre attention mais aussi celle de nombreux médias dont France Télévisions qui diffusera un reportage ce samedi (17h40 sur France 3).
Entretien avec Annabelle Valles, chef du projet.

Où en sont les parrainages aujourd’hui ?

Les parrainages, on a besoin de les dynamiser encore un petit peu. On a récolté près de 17 000 euros pour le moment (NDLR: l'entretien a été réalisé le 1er décembre) mais on avait un objectif un petit peu plus ambitieux, de faire parrainer à hauteur de 5 euros le rectangle, qui nous faisais potentiellement arriver à 45 000 euros. C’est quand même déjà une superbe belle somme qu’on est en train de récolter et les actions ne sont pas finies.

Comment procéder pour faire un don ?

Pour faire un don, il y a plusieurs moyens. Le plus simple, c’est quand même d’aller sur la page agiraveclesresidentiels.fr où on va retrouver une présentation du défi et puis la possibilité de parrainer en ligne de manière digitale. Ensuite, on peut aussi envoyer un chèque aux Résidentiels. On peut également se retrouver samedi ou dimanche, soit au centre E.Leclerc de Saint-Brévin-les-Pins où il va y avoir une vente de ponchos, soit à la résidence "Les Résidentiels" de Saint-Brévin-les-Pins. On a aussi une coiffeuse partenaire sur La Baule, et dans son salon de coiffure, on va retrouver des ponchos qui sont à vendre également.

Comment ont été réalisés ces ponchos ?

Ces ponchos ont été réalisés à partir des rectangles de laine. Parmi les 23 bobines qui ont constituées l’écharpe de 3 356 mètres, on a conservé une partie pour en réaliser des ponchos afin de dynamiser la collecte et puis de remettre aux donateurs des ponchos qui sont effectivement à vendre.

Ça veut dire, que dans le meilleur des cas, vous récoltez 45 000 euros plus de l’argent qui sera issu de cette vente de ponchos ?

C’est ça !

Avez-vous une somme visée concernant la vente de ces ponchos ?

Oui et non. En fait, on préfère stimuler les dons sans fixer de prix. Il y a un prix symbolique de 5 euros mais les gens donnent ce qu’ils veulent, ce qu’ils peuvent donner. C’est vraiment ça l’idée.

Vous envoyez également des bobines de laine à des associations, c’est bien cela ?

Oui, effectivement. En fait, on a déjà pris contact avec trois associations qui sont venues vers nous. Il y a "A Better Life for Children", une association qui a pour but d’aider au développement de Madagascar, qui œuvre notamment pour les enfants et qui met en place un certain nombre de projets. L’idée des ponchos, justement, a cheminé puisqu’ils ont potentiellement réalisé 220 ponchos pour les enfants, ce qui fait qu’on va même leur donner quatre bobines. Ensuite, il y a Emmaüs qui a récupéré deux bobines pour faire des couvertures ou des ponchos également à destination des migrants kurdes du côté de Dunkerque. Enfin, il y a l’association Entre-Mêlée de Nantes qui aide aussi les migrants à se reconnecter à travers le rugby, ils ont récupéré deux bobines pour en faire des couvertures également.

Comment est née l’idée de ce défi ? Qui a eu cette idée et comment ça s’est mis en place ?

En fait, j’avais rencontré la coordination AFM-Téléthon 44 Côte qui cherchait un porteur de projet pour cette idée un peu farfelue. L’idée du défi, moi, me plaisait beaucoup. L’idée d’étendre une écharpe en laine sur le pont de Saint-Nazaire, je trouvais que c’était assez géniale comme idée. Il a fallu quand même d’abord sonder la possibilité des uns et des autres, et je dois dire que c’est en rencontrant les associations de Saint-Nazaire au cours du Forum des associations en septembre 2019 que tout s’est accéléré. Très vite, j’ai senti leur enthousiasme et leur soutien qui s’est avéré effectivement présent tout au long de l’aventure. Ces associations ont beaucoup tricoté, on a reçu beaucoup de laine des résidentes du groupe Les Résidentiels, mais ça a également pris des proportions nationales, on a plus de 1 000 tricoteuses de toute la France qui nous ont rejoint à travers un groupe Facebook qu’on avait mis en place.

Ça a été un défi un peu fou qui a été un peu stoppé au plus fort de la crise sanitaire ?

Oui, effectivement. Nous avions pour habitude dans nos résidences d’organiser des rendez-vous hebdomadaires, des ateliers tricot qui permettaient de se rencontrer puis de tricoter tous ensemble. Ça a été stoppé dès le mois de mars 2020, mais paradoxalement, ça a permis aux dames qui étaient notamment à domicile de continuer d’œuvrer pour le Tricothon. On a vu des initiatives de regroupements de personnes ici et là quand c’était possible, et du coup, je dirais qu’on a gagné une année supplémentaire pour la réalisation du défi, ce qui n’était pas neutre. Ça a créé un sentiment national, j’ai envie de dire, pour aider pour le Téléthon. Donc, ça a été un mal pour un bien, quelque part.

Ça a créé un mouvement de solidarité encore plus important que ce qui était prévu au départ ?

Oui, tout à fait. Pour les personnes âgées, retrouver le sentiment d’utilité en cette période compliqué, je pense que ça a été aussi un vecteur important dans le défi.

Le déploiement de cette écharpe par 2 000 bénévoles a donc eu lieu le 24 octobre dernier sur le pont de Saint-Nazaire. Comment est-ce que vous avez obtenu le feu vert des autorités pour la fermeture du pont ? Ça a été facile ?

Non, ça n’a pas été facile (rires). Parce qu’à juste titre, la situation sanitaire a un peu complexifié les choses. Ça n’a pas été évident, il nous a fallu nous armer de beaucoup de patience. En parallèle, l’écharpe avançait, on a eu la réponse au mois d’avril 2021 et on avait déjà deux kilomètres de laine. Il a fallu user un petit peu de beaucoup de patience et beaucoup de confiance dans l’obtention des autorisations. C’est-à-dire qu’à partir du moment où l’autorisation a été donnée, tout s’est mis en place parfaitement avec le département.

France Télévisions fera un coup de projecteur sur votre initiative ce week-end. Les caméras de France TV sont venues au sein de votre résidence, c’est bien cela ?

Oui, on a eu le plaisir de rencontrer l’équipe de France Télévisions à plusieurs reprises dès le mois de juin. Dans l’aventure, on a également les étudiants de l’IUT de Saint-Nazaire qui sont en deuxième année de techniques de commercialisation, qui nous ont rejoint dans le cadre de leur projet tutoré. On organisait avec eux une action dans la galerie marchande du centre E.Leclerc de Saint-Nazaire et France Télévisions est venu faire connaissance avec les acteurs majeurs du projet. Ils sont venus également à la résidence au mois de juin aussi pour rencontrer les tricoteuses mais également les membres des associations locales. Et, ils sont revenus le 24 octobre pour couvrir l’événement et ça a été magistral. On a d’ailleurs un rendez-vous télévisé samedi vers 17h30 sur France 3, semble-t-il, pour revivre 10 minutes de reportage. Je vous invite tous à regarder l’aventure du Tricothon dans le cadre du Téléthon.

Est-ce que vous imaginiez un tel retentissement au tout départ lors du lancement de ce défi ?

Non (rires). Je sentais qu’il y avait l’enthousiasme des uns et des autres mais le retentissement médiatique a dépassé ce qu’on avait imaginé. Créer une écharpe de 3 356 mètres, mobiliser trois communes, stopper la circulation sur un ouvrage majeur qui enjambe la Loire, c’est vrai que c’était un défi fou. Quel bonheur ! Quel bonheur de voir la solidarité s’exprimer autour de ce défi. De voir des milliers d’inconnus nous rejoindre, ça a été une grande chance de vivre ça. Pour nos résidentes, ça a été un moment de consécration qu’elles n’oublieront jamais, ça c’est sûr.

(Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac)