Accident de TER dans les Ardennes : la SNCF va renforcer ses équipements d'alerte radio

25 octobre 2019 à 6h17 par Arnaud Laurenti

La SNCF a rendu public ce vendredi son rapport interne sur les circonstances de l'accident de TER survenu le 16 octobre à hauteur d'un passage à niveau.

ALOUETTE
Un TER en Pays-de-la-Loire.
Crédit: Archives

La direction de la SNCF annonce le renforcement des équipements d'alerte radio en cas de choc important dans une lettre qui accompagne le rapport sur l'accident publié ce vendredi.

Le passage à niveau a "bien fonctionné"

Ce rapport, réalisé par la direction des audits sécurité de la SNCF, "a confirmé que le passage à niveau a bien fonctionné" et que "le conducteur du train a appliqué la réglementation", précise le directeur général sécurité, Frédéric Delorme, dans un "Relevé des premières décisions prises à la suite (de ce) rapport".

Le document fait quatre recommandations, notamment celle d'installer une "protection supplémentaire des circuits électriques des fonctions de signal d'alerte des AGC (Autorails Grande Capacité)", note le directeur général sécurité. Frédéric Delorme précise que "la cause première de l'accident est la présence d'un convoi exceptionnel routier sur le passage à niveau". Ce convoi "n'avait manifestement pas pris les mesures nécessaires et réglementaires pour emprunter ce passage à niveau", a-t-il avancé.

Solutions transitoires et une "fiche" pour les conducteurs

Outre le renforcement des équipements d'alerte radio "en cas de choc important", la SNCF va "comparer deux solutions transitoires" pour "pallier le risque de perte de radio et dans l'attente des renforcements définitifs du matériel AGC". Elle va aussi renforcer la documentation à disposition des conducteurs avec "une fiche réflexe" sur les "actions à mener". Une nouvelle "analyse de risques" sera réalisée pour identifier d'éventuelles nouvelles pistes d'amélioration de la sécurité des TER.

Le 16 octobre, un TER reliant Charleville-Mézières à Reims avait percuté un convoi routier exceptionnel bloqué sur un passage à niveau. La collision avait fait 11 blessés. Lui-même touché et seul agent à bord, le conducteur s'était retrouvé sans moyens de communication en état de fonctionnement. Il avait dû porter secours à la soixantaine de passagers et sécuriser les abords pour éviter un sur-accident.

Les circonstances de cet accident a entraîné dans toute la France une série d'arrêts de travail de conducteurs et contrôleurs sur la base du droit de retrait (possibilité pour un salarié de cesser le travail en cas de danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, ou s'il constate une défectuosité dans les systèmes de protection). Le trafic avait été très fortement perturbé au début des vacances scolaires. 

La présence ou non d'un contrôleur ne fait "pas de différence de niveau de sécurité", a estimé vendredi le PDG de la SNCF Guillaume Pepy dans un entretien aux journaux du groupe Ebra, alors que les syndicats réclament des contrôleurs dans tous les trains.

(avec AFP)